Rwanda: Les Pratiques Controversées du FPR-Inkotanyi en Période Électorale

Le Rwanda se prépare à une nouvelle élection présidentielle, prévue pour le 15 juillet. Alors que les campagnes électorales commencent ce week-end, le parti au pouvoir, le Front Patriotique Rwandais (FPR-Inkotanyi), fait l’objet de critiques pour ses pratiques de collecte de fonds auprès des citoyens. Nathalie Munyampenda, commissaire chargée de la discipline au sein du FPR, a répondu à ces allégations lors d’une conférence de presse ce vendredi.

Le FPR-Inkotanyi a été accusé d’imposer des contributions financières à divers groupes, y compris les commerçants, les entrepreneurs et certains employés du secteur public. Ces accusations ne sont pas nouvelles, mais elles ont pris une ampleur particulière en période électorale. Munyampenda a défendu la pratique en déclarant que les membres du parti doivent apporter leur contribution volontairement, mais a également souligné que toute coercition serait punie conformément aux règles du parti.

Malgré les assurances de Munyampenda, des rapports de contributions forcées continuent d’émerger. Les journalistes présents à la conférence ont souligné que le FPR semblait déjà mener des campagnes en faveur de son candidat présidentiel, Paul Kagame, à travers des chansons louant ses accomplissements, diffusées par des artistes avant le début officiel de la campagne.

Wellars Gasamagera, secrétaire général du FPR-Inkotanyi, a minimisé l’importance de ces chansons, affirmant qu’elles étaient produites de manière indépendante par des artistes et non commandées par le parti. Cependant, certains analystes estiment que ces artistes cherchent à obtenir des récompenses financières en animant les foules lors des événements de campagne du FPR et de ses candidats.

Des accusations de harcèlement contre des candidats non affiliés au FPR ont également été soulevées. Ces incidents impliquent souvent des membres ou des responsables locaux du FPR. Munyampenda a affirmé que le parti ne tolérerait aucune intimidation de candidats légitimes et prendrait des mesures disciplinaires contre les contrevenants.

La campagne électorale commence officiellement ce samedi 22 juin. Le FPR-Inkotanyi, allié à cinq autres partis, soutient la candidature de Paul Kagame pour un quatrième mandat présidentiel. Face à lui, Frank Habineza du Parti Démocratique Vert du Rwanda et Philippe Mpayimana, candidat indépendant, se présentent pour la seconde fois. Lors des élections de 2017, Kagame a remporté une victoire écrasante avec 98% des voix, contre 0.73% pour Mpayimana et 0.47% pour Habineza.

L’opposition rwandaise continue de faire face à des défis significatifs. Les candidats opposants doivent souvent naviguer dans un climat d’intimidation et de contraintes, ce qui entrave leur capacité à mener des campagnes efficaces. Le soutien massif au FPR et à Kagame, ainsi que le contrôle rigide du parti sur les structures locales, posent des obstacles considérables à toute véritable compétition démocratique.

Les pratiques controversées du FPR en matière de collecte de fonds et de campagne électorale soulèvent des questions importantes sur l’état de la démocratie au Rwanda. Alors que le parti affirme promouvoir des contributions volontaires et la discipline parmi ses membres, les allégations de coercition et d’intimidation persistent. Cette situation reflète une tension entre le désir de maintenir une apparence de processus démocratique et la réalité d’un contrôle autoritaire sur le paysage politique.