Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda: Réflexions sur la Condition des Réfugiés – Une Urgence Mondiale

Le 20 juin 2024, la Journée mondiale des réfugiés a été marquée par une déclaration de l’Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR), dirigé par Laurent Munyandilikirwa. Cette journée dédiée aux réfugiés arrive à un moment où les politiques migratoires se durcissent de manière alarmante à travers le globe, et où la dignité des réfugiés est de plus en plus menacée.

La réalité actuelle des politiques migratoires révèle une tendance inquiétante dans les démocraties autrefois réputées pour leur ouverture et leur respect des droits humains. Les nations occidentales, en particulier, qui ont longtemps été des bastions de la protection des droits des migrants, montrent maintenant une fermeture croissante. Ironiquement, ces mêmes pays, autrefois impliqués dans des pratiques coloniales et esclavagistes, se retournent aujourd’hui contre les migrants, les considérant comme indésirables.

Cette évolution est visible dans les controverses entourant les accords bilatéraux sur la migration, comme celui entre Londres et Kigali. Ce type d’accords, qui traite les migrants comme une simple marchandise, est observé avec intérêt par d’autres nations européennes, prêtes à suivre ce modèle. Pendant ce temps, des pays africains comme le Rwanda, perçoivent cela comme une opportunité économique, malgré les graves implications pour les droits humains.

L’ODHR critique sévèrement l’affaiblissement des voix démocratiques qui devraient défendre les droits des réfugiés. Les extrémismes gagnent du terrain, séduisant les jeunes générations qui ignorent souvent les leçons du passé, notamment les luttes pour l’égalité et la justice sociale. Ces jeunes ne réalisent pas que la migration a été un moteur de construction de sociétés prospères, comme en Amérique.

Les conventions internationales, telles que la Convention de 1951 sur les réfugiés et la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, semblent aujourd’hui négligées. Ces accords, qui avaient pour but de protéger les personnes vulnérables, sont contournés par ceux-là mêmes qui les ont initiés.

La situation est particulièrement préoccupante dans la région des Grands Lacs en Afrique. Des décennies de conflits, souvent alimentés par des intérêts étrangers, ont entraîné des millions de morts et des déplacements massifs de populations. Le régime rwandais, en particulier, est accusé d’exploiter la question des réfugiés pour poursuivre des ambitions territoriales en République Démocratique du Congo (RDC). Cette manipulation a des conséquences dévastatrices, provoquant des vagues de déplacements et une insécurité régionale chronique.

Il est impératif de changer radicalement les politiques migratoires actuelles pour protéger les réfugiés. La protection des réfugiés et des migrants doit être une priorité mondiale, non seulement pour des raisons humanitaires, mais aussi pour garantir un avenir stable et juste. La reconnaissance de la migration comme une lutte légitime pour la survie et la dignité humaine est essentielle.

En cette Journée mondiale des réfugiés, rappelons-nous que chaque individu mérite respect et protection, indépendamment de son statut migratoire. La communauté internationale doit intensifier ses efforts pour défendre les droits humains et éviter que l’histoire ne se répète de manière tragique.

L’appel de l’ODHR est clair : il est temps d’agir collectivement pour garantir la sécurité et la dignité de ceux qui fuient la guerre, la misère, et la persécution. En protégeant les réfugiés aujourd’hui, nous assurons la protection de tous demain.