Avec une diplomatie en déclin aux niveaux international et régional, le Rwanda excelle également dans les bourdes au niveau interne en termes de violations des droits : la fermeture des temples et des églises interdit le droit de culte ; des militaires soupçonnés d’entraver le pouvoir qui sont limogés ; la persécution des dissidents politiques qui ne cesse guère ; la poursuite d’une guerre que tout le monde fustige, etc. Cette analyse esquisse une série de scandales que le régime de Kigali continue de provoquer à ses citoyens qu’il qualifie d’ennemis du pays selon ses raisons insolites.
Faits
Le président rwandais Paul Kagame a limogé des généraux et officiers supérieurs de l’armée lors de la dernière purge des forces disciplinées du pays. Parmi les personnes expulsées figurent le général de division Martin Nzaramba, le colonel Dr Etienne Uwimana et 19 autres officiers supérieurs et subalternes pour mauvaise conduite. Selon un communiqué publié par les Forces rwandaises de défense (RDF), le Président a également autorisé le licenciement et la résiliation du contrat de 195 autres militaires de divers grades de l’armée. Le général de brigade Ronald Rwivanga, porte-parole du RDF, a déclaré aux médias locaux que le général de division Nzaramba avait été licencié pour corruption et mauvaise gestion des fonds destinés au bien-être des soldats lorsqu’il dirigeait l’Institut de formation militaire de Nasho.
Il a déclaré que le colonel Uwimana avait été licencié pour avoir violé le code de conduite militaire et pour de graves erreurs qu’il avait commises, sans donner de détails. Le porte-parole a déclaré que d’autres avaient également été licenciés pour corruption et autres formes de mauvaise conduite violant les règlements militaires. Ces licenciements interviennent un jour après que le président Kagame a rencontré les hauts gradés de l’armée pour discuter des priorités du pays en matière de sécurité. Les détails de la réunion n’ont pas été divulgués aux médias. RDF a souvent adopté une position dure à l’égard de la conduite des officiers militaires, et des officiers de haut rang ont été licenciés. Un de ces cas est celui du général de division Aloys Muganga, qui a été licencié pour ce qui, selon les forces de l’ordre, était dû à une consommation excessive d’alcool. Le général de brigade Francis Mutiganda a été limogé pour insubordination en 2023. Quelque 228 autres soldats de divers grades ont vu leur contrat résilié ou ont été licenciés. Le général de division Nzaramba, le dernier officier militaire de haut rang à être limogé, avait pris sa retraite en août 2023, avec d’autres officiers supérieurs. On ne sait pas encore exactement comment il a été licencié, mais il est courant que des officiers à la retraite continuent de travailler au sein des forces de réserve ou à un autre titre. Le code de conduite du RDF stipule que tout officier qui s’engage dans des activités portant atteinte à l’intégrité de la profession militaire, comme l’ivresse, la toxicomanie ou tout autre comportement discréditant l’institution, s’expose à son licenciement. De graves violations des valeurs militaires, un soldat pris dans des actes de corruption, d’intrigue ou de formation de factions peuvent également conduire à son licenciement. Le colonel Dr Uwimana, l’un des licenciés, avait un long historique de service à l’hôpital militaire de Kanombe, notamment en tant que chef du service de radiologie de l’hôpital.
Analyse
1) Le général-major Nzaramba et le colonel Dr Uwimana licenciés pour des raisons officieuses
Le général-major Nzaramba est le beau-frère de deux opposants rwandais, Gahima Gearald, ancien procureur général puis vice-président de la cour supreme et du Dr Theogene Rudasingwa, ancien secrétaire général du FPR puis ambassadeur aux Etats-Unis. Marié à leur sœur, le capitaine Doreen Kayitesi, il a été contraint de demander le divorce devant le tribunal primaire de Kacyiru sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces. Retraité en août 2023, il est intégré dans les forces de réserve. Les accusations de corruption et autres fautes sont de faux prétextes puisqu’il n’a jamais été poursuivi devant un tribunal mais les véritables raisons de ce non-lieu sont sa parenté avec ces dissidents rwandais. Par ailleurs, comme le roi David, désireux indûment d’épouser Bethsabée, avait comploté la mort de son mari, le soldat Urie, en l’envoyant au dur combat où il fut tué pour se débarrasser de lui, il a été récemment décidé de le déployer dans la guerre de l’Est de la RDC où certains soldats avaient reçu pour instruction de l’assassiner en simulant une mort sur le champ de bataille. Conscient d’un tel danger, il a eu recours à son ami le colonel Dr Uwimana Etienne pour bénéficier d’un repos médical. Découverte grâce aux différents espions affectés à tous les services, cette stratégie pour échapper à la mission mortifère a provoqué la colère des conspirateurs qui se sont résolus à limoger les deux officiers haut gradés. Comme le malheur n’arrive jamais seul, le Colonel Dr. Uwimana Etienne est le frère de la Ministre en charge des Sports, Mme Munyangaju Aurore Mimosa, récemment démis de ses fonctions du gouvernement.
2)Général Kazura Jean Bosco : Il a été démis du poste de chef d’état-major de l’armée puis démobilisé. Proche de la Première Dame, il gravit rapidement les échelons jusqu’à être nommé général quatre étoiles en enjambant le grade de lieutenant général. Selon des sources proches du renseignement militaire, il est soupçonné d’avoir entretenu des rapports intimes avec elle et d’être le véritable père biologique de la première fille et est accusé de s’opposer à la guerre en RDC.
3) Peur de la dissidence
Avec les pertes humaines quotidiennes d’une guerre dans l’est de la RDC qui ne profite qu’au chef de l’Etat, les militaires commencent à s’en lasser et ce malaise au sein de l’armée risquait de déboucher sur un putsch qui, semble-t-il, avait été souvent tenté et échoué. Pour leur remonter le moral, il faut chasser les fauteurs de troubles, c’est-à-dire les commandants soupçonnés à tort ou à raison, et promouvoir ceux qui restent en termes de grades et d’avantages financiers associés. C’est pourquoi, après avoir chassé et démobilisé en masse de nombreux officiers, ils procédèrent à la promotion de plusieurs soldats de grades différents.
4) La persécution aux opposants à l’étranger se poursuit
Après que le président rwandais ait récemment attaqué publiquement la farouche opposante Victoire Ingabire, l’accusant d’être née des familles génocidaires, pour avoir faussement accusé sa mère Dusabe Thérèse d’avoir commis le génocide à Butamwa où elle était infirmière, les agents de Kigali ont réussi à incendier la résidence de cette dernière aux Pays-Bas.
5) La fermeture des sectes créées par le régime lui-même
Parmi les chefs des sectes qui pullulent dans le pays, on retrouve d’anciens officiers supérieurs de l’armée souvent envoyés sur place pour surveiller ce qui s’y passe en termes de sécurité et le cas échéant, les démanteler s’ils ne parviennent pas à les contrôler. C’est le cas de Tom Nsanganiye ancien officier du RDF et frère aîné du général Fred Ibingira, qui était représentant adjoint de l’ADEPR, du colonel à la retraite Fred Nyamurangwa qui dirige l’église du CELPAR, de Mignone Alice Kabera la dirigeante de Noble Family Church, ancienne du renseignement, l’apôtre Gitwaza Paul qui se faisait passer pour un ami proche de l’ancien président du Burundi, feu Pierre Nkurunziza et en a profité pour l’empoisonner, le cardinal Kambanda, ancien officier supérieur de l’APR et très proche du président Kagame ; de nombreux pasteurs et prêtres qui faisaient partie de la rébellion du FPR, pour n’en citer que quelques-uns
6) Musonera Germain, candidate adjointe : génocidaire ou victime de l’appartenance ethnique
Musonera Germain a été enrôlé comme candidat député mais il a été écarté à la dernière minute et la raison invoquée était qu’il était soupçonné d’avoir commis le génocide dans son village natal de Nyabikenke où il tenait un bar en 1994. Le problème est qu’il n’a pas été appréhendé par les institutions judiciaires, soit par les tribunaux pénaux, soit par les tribunaux gacaca qui ont fermé leurs activités en 2012. Il a été employé de différentes ONG, responsable de la planification au ministère du Travail et récemment comme analyste politique au cabinet du premier ministre. Ensuite, même si le crime Le génocide n’est pas prescriptible, on se demande pourquoi pendant 30 ans personne ne l’a dénoncé surtout les survivants du génocide qui ont perdu leurs proches et n’attendre que sa nomination comme député. Il s’agit d’une tendance du régime de Kigali à poursuivre en justice les intellectuels Hutu lorsqu’ils accèdent aux postes les mieux rémunérés. Les exemples sont nombreux : la députée Nirere Béatrice a été arrêtée après 6 mois de service ; Hategekimana Leonard a été arrêté après avoir été nommé procureur national et acquitté par les tribunaux alors que son poste était déjà pris ; Habumuremyi ancien premier ministre désormais sans emploi et dont toutes les entreprises ont été déclarées en faillite, de nombreux commerçants hutu qui sont appauvris lorsqu’ils deviennent prospères notamment Mporanyi Charles ; Mironko François; Jean de Kicukiro-Shell; Hadj de Nyanza ; Sina Gérard ; pour citer les plus connus.
Conclusion
Le régime de Kigali reste mystique dans ses méthodes de recrutement ou de licenciement du personnel et surtout lorsqu’il s’agit de postes à hautes responsabilités. Généraux et officiers supérieurs limogés ou injustement condamnés ; l’imputation de crimes non commis contre des personnes occupant des hautes responsabilités, devenus indésirables afin de récupérer leurs postes ; aucun poste n’est stable au Rwanda surtout quand il comporte des avantages. Avec le régime de Kigali, il faut s’attendre à tout ; un homme averti en vaut deux !






















































