Le 30 août 2024, la coordination de l’Observatoire des droits de l’homme au Rwanda (ODHR), présidée par Laurent Munyandilikirwa, a publié une déclaration à Paris intitulée : « Rwanda : En mémoire des personnes disparues, combattons l’utilisation de disparitions forcées systémiques comme outil de gouvernance. » Cette publication coïncide avec la Journée mondiale des victimes de disparitions forcées, rappelant ainsi l’urgence de la situation des droits de l’homme au Rwanda.
Les familles des personnes disparues au Rwanda cherchent désespérément à connaître la vérité sur le sort de leurs proches, demandant justice et réparation. Cependant, l’État rwandais persiste à refuser de ratifier la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, malgré les appels répétés des organisations internationales de défense des droits de l’homme.
Depuis la prise de pouvoir du Front Patriotique Rwandais (FPR) en 1994, les disparitions forcées se sont multipliées de manière systémique, et ce, en toute impunité. Les victimes, souvent des opposants politiques ou des voix critiques du régime, disparaissent dans des conditions troublantes, que ce soit à l’intérieur du pays ou lors d’opérations transfrontalières. Les familles sont confrontées à un silence accablant des autorités, qui ne fournissent que des réponses vagues, les laissant dans l’incertitude et la peur.
Les cas emblématiques, tels que ceux de Léonard Hitimana, Boniface Twagirimana, Illuminée Iragena, et bien d’autres, soulignent l’ampleur de cette tragédie humaine. Depuis trois décennies, des milliers de Rwandais ont été victimes de ces disparitions, un outil de répression devenu ancré dans les pratiques du FPR. Pourtant, la peur continue de régner, empêchant les proches de s’exprimer ouvertement sur ces crimes, de crainte de représailles.
L’ODHR appelle à un combat collectif contre ces pratiques inhumaines et contre la terreur qu’elles engendrent. L’organisation exhorte l’État rwandais à ratifier la convention internationale contre les disparitions forcées, à assumer ses responsabilités en matière de vérité, de justice et de réparation, et à poursuivre en justice les auteurs de ces violations graves des droits humains.
En outre, l’ODHR interpelle les États membres de l’ONU et de l’Union Africaine, ainsi que les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme, pour qu’ils exigent du gouvernement rwandais la vérité sur ces disparitions et la mise en œuvre de mesures concrètes pour mettre fin à l’impunité.
En cette Journée mondiale des victimes de disparitions forcées, l’ODHR adresse une pensée particulière à toutes les victimes et à leurs proches, les assurant de son soutien indéfectible dans leur quête de justice et de vérité.

























































