Nangaa avertit les réfugiés congolais d’un retour imminent tandis que le Rwanda se prépare à prendre Goma et à entrer officiellement en guerre

Le coordinateur de l’Alliance des Forces Congolaises (AFC), regroupant des mouvements politiques et armés dont le M23, Corneille Nangaa, a averti les Congolais réfugiés au Rwanda et dans d’autres pays de la région de leur retour imminent. Comparé par certains observateurs à Alexis Kanyarengwe ou Pasteur Bizimungu, utilisés autrefois par Kagame comme des marionnettes, Nangaa pourrait finir par être mis de côté une fois son rôle terminé.

Dans une déclaration publiée le 29 juin 2024, Nangaa a accusé le gouvernement de Félix Tshisekedi de déstabiliser l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), causant la mort de civils et l’exil de sept millions de personnes.

Nangaa a attribué ces violences aux forces armées de la RDC et à leurs alliés, y compris des groupes armés comme le Wazalendo, le FDLR, les forces burundaises, la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), et des mercenaires.

Il a exhorté les réfugiés congolais à Goma et ses environs à retourner dans leurs foyers situés dans les zones contrôlées par le M23, qu’il considère comme plus sûres. Selon lui, rester dans les camps autour de Goma les expose à des dangers, le gouvernement continuant à les utiliser comme boucliers humains.

Nangaa a critiqué Tshisekedi, le qualifiant de traître qui divise le pays et la région des Grands Lacs. Il a affirmé que l’AFC poursuivra la lutte armée jusqu’à son éviction du pouvoir.

Il a aussi mentionné la marginalisation de certains membres des forces armées et de la police congolaise, les appelant à rejoindre les rangs de l’AFC pour libérer le pays.

Un rapport de l’ONU indique que plus de 4000 soldats rwandais sont présents en RDC, dirigeant les opérations et donnant des ordres aux rebelles du M23. Ce même rapport accuse également l’Ouganda de soutenir le M23.

La déclaration de Nangaa intervient à la veille du 30 juin 2024, date marquant les 64 ans de l’indépendance de la RDC, alors que des informations font état de la capture de Kanyabayonga, un carrefour commercial stratégique dans le territoire de Lubero, par le M23 avec le soutien des forces ougandaises (UPDF).

Malgré les affirmations de Nangaa, des rumeurs circulent sur une reconnaissance imminente par le Rwanda de sa participation aux combats dans l’est de la RDC. Les discours des dirigeants rwandais, dont le Président Kagame, soutenant le M23 et critiquant les autorités congolaises et burundaises, renforcent cette hypothèse.

Les analystes estiment que le Rwanda prépare une offensive pour prendre le contrôle de Goma. Cette prise pourrait entraîner de lourdes pertes civiles si les forces de la FARDC et de la SADC décidaient de résister. Une possible humiliation des troupes de la FARDC et de la SADC est évoquée, avec plus de 30 000 soldats risquant de se rendre avec leurs équipements sans combattre pour éviter un bain de sang, à moins que le Rwanda ne leur offre une sortie sécurisée vers le sud de Kivu pour éviter des conséquences plus graves encore comme l’implication massive des forces tanzaniennes et sud-africaines et une guerre totale.