Depuis la prise de Goma en janvier 2025, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont instauré un climat de terreur marqué par des arrestations massives, des enlèvements et des attaques contre des hôpitaux. Les derniers rapports en provenance de sources locales et d’organisations de défense des droits de l’homme décrivent une situation alarmante, faite de violences ciblées contre les civils, de disparitions systématiques et de violations flagrantes du droit international humanitaire.
Dans la nuit du 2 mars, au moins 112 personnes ont été enlevées par des combattants du M23 à l’hôpital CBCA/Ndosho de Goma. Selon plusieurs témoins, les rebelles ont fait irruption dans l’établissement vers 3 heures du matin, ciblant des patients, des accompagnateurs et des personnes récemment guéries. Ces individus ont été accusés d’appartenir aux Forces Armées de la RDC (FARDC) ou aux milices Wazalendo et d’avoir cherché refuge dans l’hôpital. Si certains civils ont été relâchés après vérification, le sort des autres détenus reste inconnu, ce qui ne fait qu’accroître l’angoisse au sein de la population.
Cette attaque n’est pas un cas isolé. Une opération similaire s’est déroulée dans la nuit du 28 février au 1er mars à l’hôpital Heal Africa, où des hommes armés du M23 ont fait irruption, semant la panique parmi les patients et le personnel soignant. Selon plusieurs témoins, ces assaillants recherchaient des blessés par balles, suspectés d’être des militaires congolais. Pendant près de cinq heures, de 23h30 à 3h du matin, les rebelles ont perquisitionné les salles, tirant des coups de feu et maltraitant les patients. Certains blessés ont été extraits de leur lit et emmenés vers une destination inconnue.
Le ciblage systématique des hôpitaux, des civils et des personnes soupçonnées d’opposition par le M23 reflète une stratégie de terreur et de contrôle. Les méthodes employées – enlèvements, exécutions extrajudiciaires et perquisitions dans des établissements de santé – constituent des violations manifestes du droit international humanitaire, qui protège les structures médicales en temps de conflit.
Malgré ces exactions, le Rwanda, principal soutien du M23, continue de nier toute implication, tout en détournant l’attention vers le gouvernement congolais. La récente tentative de Kigali d’accuser le Canada d’agir par intérêt économique, après l’annonce des sanctions contre le Rwanda, illustre la stratégie bien rodée du régime de Paul Kagame pour éviter d’assumer ses responsabilités. Pendant ce temps, les habitants de Goma vivent sous la menace constante du M23, sans aucune garantie de sécurité ni espoir d’une amélioration rapide de la situation.


























































