Le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des anciens combattants de la République démocratique du Congo, Guy Kabombo Muadiamvita, est en visite de travail en Afrique du Sud du 24 au 27 mars 2025. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales en matière de défense entre Pretoria et Kinshasa, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions sécuritaires.
Ce lundi 24 mars, le ministre congolais a été reçu en tête-à-tête à Pretoria par son homologue sud-africaine, Angie Motshekga, ministre de la Défense et des anciens combattants. Les deux responsables ont discuté en profondeur des axes de relance d’une coopération militaire renforcée, avec une attention particulière portée à la situation sécuritaire critique à l’est de la RDC.
Renforcement des capacités militaires et coopération technique
Au centre des échanges : la nécessité de redynamiser les accords de coopération existants, tout en intégrant de nouveaux domaines de collaboration. Les deux parties ont évoqué le renforcement des échanges stratégiques et techniques, en particulier la formation ciblée des unités congolaises, telles que les forces spéciales, les unités de réaction rapide, les personnels des forces aériennes et navales.
Le transfert d’expertise sud-africaine dans le domaine de l’industrie de défense, la modernisation des systèmes de renseignement et de transmission, ainsi que la relance d’un dialogue institutionnel régulier entre les deux ministères ont également été abordés. Une révision et actualisation de l’accord de coopération militaire entre les deux pays est désormais à l’ordre du jour, avec pour objectif d’officialiser de nouveaux engagements mutuels à travers une plateforme de travail conjointe.
Une alliance stratégique en construction
Dans un communiqué publié par le ministère sud-africain de la Défense, la ministre Motshekga a salué cette visite de travail, affirmant que « la collaboration en matière de défense entre l’Afrique du Sud et la RDC est d’une importance capitale, non seulement pour nos deux pays, mais aussi pour l’ensemble du continent africain ». Elle a souligné que ce partenariat contribue directement à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale.
La visite actuelle s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée en janvier dernier, lorsque la ministre sud-africaine s’était rendue à Kinshasa pour une rencontre de courtoisie avec son homologue congolais. Ce dialogue bilatéral réaffirmé marque une volonté commune de passer à une phase plus opérationnelle de coopération, notamment par l’organisation d’exercices militaires conjoints, d’échanges d’experts et de formations croisées.
Un repositionnement stratégique post-SAMIRDC
Selon certains analystes, cette relance des relations militaires bilatérales intervient dans un moment de transition stratégique. Avec le retrait progressif des troupes de la SADC, notamment celles engagées dans la mission SAMIRDC à l’est de la RDC, l’Afrique du Sud chercherait à maintenir une forme de présence militaire en RDC par d’autres canaux juridiques et diplomatiques. Ainsi, le renforcement des accords bilatéraux de défense permettrait de justifier la présence de troupes sud-africaines déjà stationnées dans certaines zones du pays, comme à Lubumbashi, ou d’envisager de futurs déploiements dans d’autres provinces.
Ce cadre bilatéral pourrait offrir à Pretoria une légitimité renouvelée pour ses engagements militaires sur le territoire congolais, en dehors du cadre multilatéral de la SADC. Pour Kinshasa, il s’agit également de diversifier ses partenariats stratégiques dans un contexte où les pressions régionales sont croissantes, notamment à l’est, où les affrontements avec le M23 soutenu par le Rwanda se poursuivent.


























































