La Chambre des représentants de Belgique a adopté une résolution ferme condamnant l’implication du Rwanda dans le conflit en cours à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette résolution, votée le 27 février 2025, dénonce le soutien du gouvernement rwandais au groupe rebelle M23, qui a pris le contrôle de villes stratégiques comme Goma et Bukavu.
Le texte met en lumière la présence militaire directe des Forces de défense rwandaises (RDF) en RDC, qu’il qualifie de violation du droit international, de la Charte des Nations Unies et de l’intégrité territoriale congolaise. Citant un rapport des experts de l’ONU, la résolution apporte des preuves de l’appui militaire et tactique du Rwanda aux rebelles du M23. Elle souligne également la crise humanitaire qui en découle, avec plus de 700 000 personnes déplacées et des crimes de guerre documentés, notamment des violences sexuelles et l’enrôlement d’enfants soldats.
Face à cette situation, la Belgique appelle à une série de mesures concrètes contre le Rwanda :
• Un embargo total sur les ventes d’armes au Rwanda, incluant la suspension de l’assistance militaire et de la coopération en matière de sécurité.
• Des sanctions économiques ciblées contre les entreprises et individus impliqués dans l’exploitation illégale des ressources congolaises, en particulier celles liées au régime de Kigali.
• Le gel des avoirs et l’interdiction de voyage pour les responsables rwandais impliqués dans la déstabilisation de la RDC.
• L’exclusion des Forces de défense rwandaises de toutes les missions de maintien de la paix de l’ONU.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a souligné que la Belgique reste attachée à la défense du droit international et à la souveraineté des États. Il a insisté sur le fait que cette position n’est pas une prise de parti, mais une nécessité pour faire respecter les principes fondamentaux du droit international.
La résolution exhorte également l’Union européenne à durcir ses sanctions contre le Rwanda, à suspendre tous les accords économiques avec Kigali et à mettre fin à toute coopération militaire tant que les troupes rwandaises ne se seront pas retirées de la RDC. En outre, la Belgique demande à ce que tous les événements sportifs et culturels internationaux prévus au Rwanda soient réexaminés, suggérant ainsi un boycott plus large pour accentuer la pression sur le régime de Kigali.
Cette décision marque un tournant dans l’approche belge du conflit dans la région des Grands Lacs. Contrairement à d’autres pays européens plus hésitants, la Belgique plaide pour des mesures robustes. De son côté, le Rwanda rejette ces accusations, dénonçant un ciblage injustifié alors qu’il dit ne faire que défendre sa sécurité nationale.
Alors que les tensions montent, la communauté internationale observe de près si cette résolution belge aboutira à des sanctions européennes plus larges contre Kigali. L’ONU et l’Union africaine ayant déjà exprimé leurs préoccupations quant au rôle du Rwanda dans le conflit, l’initiative belge pourrait ouvrir la voie à une pression diplomatique et économique plus forte sur Kigali.

























































