Ce samedi 25 octobre 2025, les Rwandais, leurs amis et plusieurs sympathisants du monde entier se sont réunis à Bruxelles, en Belgique, pour célébrer la Journée Ingabire, un événement annuel dédié à Victoire Ingabire.
La participation nombreuse a confirmé qu’une véritable démocratie, telle que Victoire Ingabire l’a toujours défendue, reste un objectif partagé par beaucoup et qu’un jour, elle deviendra réalité.
Le thème de cette année était : « Solidarité avec les prisonniers politiques et d’opinion au Rwanda ».
Rappelons que Victoire Ingabire elle-même est actuellement détenue. En effet, le 19 juin 2025, elle a été convoquée pour un interrogatoire avant d’être arrêtée et incarcérée depuis lors, sans avoir encore bénéficié d’un procès équitable.
La manière dont elle a été arrêtée illustre à quel point la démocratie reste un long chemin au Rwanda : voir une femme politique encadrée par des militaires, privée de liberté pour avoir défendu la justice et la liberté d’expression, choque profondément.
Ce n’est pas la première fois qu’elle est emprisonnée. Déjà en octobre 2010, elle avait été arrêtée et condamnée avant d’être libérée en 2018, après huit années de détention. Cette épreuve n’a pourtant en rien ébranlé sa détermination. À travers toutes ses déclarations, elle a toujours insisté sur le fait que la démocratie véritable ne pourra être atteinte que par des moyens pacifiques.
Le nom de Victoire Ingabire a désormais une portée internationale. Plusieurs personnalités qui n’ont pas pu se rendre à Bruxelles ont adressé des messages vidéo. Parmi elles, Srdja Popovic, auteur du livre « How to Use Rice Pudding, Lego Men, and Other Nonviolent Techniques to Galvanize Communities, Overthrow Dictators, or Simply Change the World » (traduit librement : Comment utiliser le pudding de riz, les figurines Lego et d’autres techniques non violentes pour mobiliser les communautés, renverser les dictateurs ou simplement changer le monde).
Dans son message, Popovic a exhorté les Rwandais à ne pas céder à la peur. Il a rappelé que l’emprisonnement d’une personne ne signifie pas la fin de ses idées : au contraire, celles-ci se propagent et se renforcent. Il a également adressé un message de soutien à ceux qui sont emprisonnés simplement pour avoir lu ses ouvrages.
Parmi les intervenants figurait aussi Dr Charles Onana, défenseur de la démocratie et ami de Deo Mushayidi, lui aussi emprisonné au Rwanda. Il a déclaré que les Rwandais souffraient profondément et qu’ils vivaient encore sous un régime sans liberté politique.
Rémy Amahirwa, le fils de Victoire Ingabire, a pris la parole pour dire que sa mère les avait toujours préparés à cette éventualité : « Elle nous avait dit que, même si elle devait y laisser la vie, elle rentrerait un jour dans un Rwanda où chacun serait libre de s’exprimer sans crainte. »
Il a ajouté : « Kagame est le véritable problème du Rwanda. Ce ne sont pas les ethnies qui s’opposent, mais un homme qui combat ceux qui pensent différemment. Nous, la jeunesse, devons apprendre, comprendre et bâtir le Rwanda que nous voulons, en suivant l’exemple de nos parents. »
Samuel Baker Byansi a, de son côté, dénoncé la stratégie du régime Kagame qui consiste à diviser les Rwandais sur des bases ethniques. Il a affirmé que la jeunesse devait se concentrer sur la transmission du savoir et des valeurs démocratiques aux générations futures, pour reconstruire un Rwanda où chacun aurait sa place. Selon lui, « il faut unir nos forces pour que le régime dictatorial du FPR disparaisse à jamais ».
Le président des FDU-Inkingi, Kayumba Placide, a déclaré que le FPR dirigé par Kagame « a tué les Rwandais depuis 1990 jusqu’à ce jour ». Il a ajouté que la récente publication de listes de “terroristes” par le gouvernement rwandais ne faisait que renforcer la lutte démocratique, dénonçant l’hypocrisie d’un régime autoritaire qui accuse d’autres de terrorisme.
En clôture, Norman Ishimwe Sinamenye, président de Jambo asbl, a rappelé que tant qu’un Rwandais craindra d’être emprisonné ou tué pour avoir exprimé une opinion, la lutte ne devra jamais cesser.
Enfin, Alexis Rudasingwa, représentant du Rwanda National Congress (RNC) en Belgique, a réaffirmé le soutien total de son mouvement à Victoire Ingabire, soulignant que « le combat qu’elle mène est celui de tous les Rwandais épris de liberté » et que « rien ne les fera reculer tant que la démocratie ne sera pas une réalité au Rwanda ».
























































