Prince Invest Group refuse un contrat d’armement avec le Rwanda

Par Marc Matabaro

Pour la troisième fois en six mois, Prince Invest Group a refusé une demande officielle du Rwanda pour l’achat d’armes. Danny El-Ashkar, président de l’entreprise et commissaire économique auprès de l’Union parlementaire européenne, a justifié cette décision en affirmant que Prince Invest reste attaché à la neutralité et aux objectifs de sécurité globale en Afrique. Cette décision marque un revers pour Kigali, alors que le pays est sous le feu des critiques internationales pour son rôle dans le conflit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis plusieurs années, le Rwanda est accusé de fournir un soutien logistique et militaire au groupe rebelle M23, responsable de l’instabilité croissante en RDC. Des rapports des Nations Unies et d’autres organismes internationaux ont affirmé que l’armée rwandaise (RDF) approvisionne les combattants du M23 en armes et en munitions. Cette implication a conduit plusieurs pays occidentaux à imposer des sanctions contre le Rwanda.

Face à ces accusations, plusieurs fournisseurs internationaux d’armement se montrent réticents à conclure des accords avec Kigali. Prince Invest Group, acteur majeur du secteur de la défense en Afrique, a pourtant signé pour plus de 5 milliards de dollars de contrats militaires au cours des six derniers mois, mais a choisi de ne pas inclure le Rwanda dans ses partenariats. L’entreprise fournit des équipements de défense avancés, allant des armes légères aux systèmes de défense sophistiqués, mais semble vouloir éviter toute association avec Kigali, compte tenu des tensions diplomatiques croissantes.

La pression internationale sur le Rwanda ne cesse de s’intensifier. Outre les sanctions américaines, britanniques, canadiennes et allemandes, l’Union européenne et le Conseil de sécurité de l’ONU ont condamné Kigali pour ses activités militaires en RDC, même si des mesures concrètes tardent à être prises.

Le refus répété de Prince Invest Group d’armer le Rwanda est un signal fort indiquant que Kigali pourrait rencontrer de plus en plus de difficultés à moderniser son arsenal militaire. Alors que les accusations d’intervention en RDC pèsent lourdement sur son image, le Rwanda pourrait être contraint de chercher des alternatives sur le marché noir ou auprès de fournisseurs moins regardants sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs.