Washington, 25 avril 2025- C’est dans le cadre solennel du Département d’État américain que la République Démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda ont signé une Déclaration de principes censée ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire tourmentée des Grands Lacs. Sous l’égide du secrétaire d’État Marco Rubio, cette initiative diplomatique a été soutenue activement par les États-Unis, avec l’appui discret mais stratégique du Qatar.
Présidée par le Secrétaire d’État Marco Rubio, cette signature s’est déroulée en présence de plusieurs diplomates américains de premier plan, dont Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique, Christopher Landau, secrétaire adjoint aux Affaires africaines, et l’ambassadeur Troy Fitrell.
Le document signé engage les deux pays à reconnaître mutuellement leur souveraineté et intégrité territoriale, à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires internes de l’autre, à cesser tout soutien militaire aux groupes armés non étatiques, et à favoriser une coopération économique régionale transparente, notamment autour des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Il prévoit également le retour volontaire et sécurisé des réfugiés et personnes déplacées, le soutien à la MONUSCO conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que la rédaction d’un avant-projet d’accord de paix d’ici le 2 mai 2025.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a ouvert la cérémonie en rappelant l’ampleur de la crise dans l’est de la République Démocratique du Congo. Il a souligné que cette région subit une instabilité sécuritaire depuis plus de trente ans, ce qui empêche durablement la paix et le développement. « L’Est de la République Démocratique du Congo vit des troubles sécuritaires depuis plus de trois décennies, ce qui a empêché la paix et un développement durable de s’installer », a-t-il déclaré. Il a salué l’initiative commune des ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda présents à ses côtés, soulignant que cette rencontre illustrait une volonté commune de dialogue pour trouver des solutions durables : « Il est essentiel pour moi d’être ici avec mes collègues ministres des Affaires étrangères, afin de manifester notre volonté de dialogue et d’amorcer une démarche vers la résolution des conflits. »
Marco Rubio a également exprimé sa fierté de travailler sous la présidence de Donald Trump, saluant son engagement personnel en faveur de la paix mondiale : « Je suis fier de collaborer avec le président Trump, pour qui la promotion de la paix est un principe fondamental et la priorité de toute action diplomatique. » Selon lui, cette cérémonie n’est qu’un point de départ et une démonstration d’espoir, dans une région souvent oubliée des grandes décisions internationales.
Prenant la parole à son tour, la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, a délivré un discours empreint de gravité et de responsabilité. Elle a rappelé que cette Déclaration de principes ne marquait pas une fin, mais un commencement vers une paix attendue depuis trop longtemps. Elle a souligné que la situation dans l’est du Congo, marquée par les déplacements massifs, l’insécurité chronique et les violations graves des droits humains, constitue une urgence humaine. « Les réalités vécues par notre peuple ne sont pas abstraites. Elles sont humaines, elles appellent à des réponses humaines et urgentes », a-t-elle affirmé.
Elle a précisé que la Déclaration signée engageait véritablement les deux États et que son respect serait jugé à l’aune des actes, non des intentions. S’appuyant sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, elle a exigé le retrait inconditionnel et vérifiable de toutes les forces étrangères du territoire congolais, ainsi que la fin du soutien aux groupes armés opérant dans l’est de la RDC. Elle a averti que la RDC refuserait de tomber dans le piège de déclarations diplomatiques non suivies d’effets. « Trop d’efforts passés ont échoué parce que la séquence des actions a été ignorée et que la redevabilité a été différée. Le peuple congolais mérite mieux. Nous ne pouvons pas nous permettre un autre cycle de promesses sans mise en œuvre réelle », a-t-elle insisté.
S’adressant directement aux Congolais de l’Est, elle a déclaré : « Vous avez toutes les raisons d’attendre plus que des promesses. Vous avez droit à des actions concrètes, à une paix réelle, à une justice effective. Notre souveraineté et notre territoire ne sont pas négociables. »
Le ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, a salué la signature de la Déclaration, exprimant également sa gratitude au président Donald Trump pour son implication directe dans ce processus de réconciliation régionale. « Je remercie le président Trump, dont l’engagement sincère a permis d’instaurer un climat de dialogue capable d’aborder les vraies causes de l’instabilité dans l’est de la RDC », a-t-il déclaré. Il a affirmé que cette fois, les discussions ne se limiteraient pas aux symptômes, mais viseraient à traiter les racines profondes du conflit. « Aujourd’hui, nous abordons les vrais problèmes, les racines des tensions qui doivent être éliminées pour parvenir à une paix durable », a-t-il souligné.
Il a mis en avant la priorité pour le Rwanda : restaurer la sécurité, faciliter le retour volontaire des réfugiés congolais actuellement au Rwanda, et construire une économie régionale prospère et stable. « Il est essentiel que nous travaillions ensemble à un développement économique inclusif, porté par des projets conjoints et soutenu par des partenaires tels que les investisseurs américains. Notre objectif est une région stable, sans extrémisme ethnique, bien gouvernée », a-t-il affirmé.
Olivier Nduhungirehe a insisté sur le fait que la Déclaration signée n’était qu’une étape vers un traité de paix complet, réaffirmant le soutien du Rwanda aux discussions encadrées par l’EAC, la SADC et le Qatar. « Il n’existe pas de raccourci vers la paix. Nous devons faire le travail difficile, prendre des décisions courageuses, et mettre fin à ce conflit d’une fois pour toutes », a-t-il conclu.
Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a publié de son côté un communiqué officiel saluant la Déclaration de Washington. Doha a rappelé avoir accueilli en mars une réunion tripartite entre la RDC, le Rwanda et l’AFC/M23. Le Qatar a insisté sur la nécessité de respecter les principes du droit international, de promouvoir la stabilité régionale, et de soutenir les processus multilatéraux africains. Il a renouvelé son engagement à accompagner les efforts de paix dans les Grands Lacs, en collaboration avec les acteurs régionaux et internationaux.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a lui-même réagi sur ses réseaux sociaux quelques heures après la cérémonie. Dans son message, il a écrit : « De grandes nouvelles nous arrivent d’Afrique, où je suis personnellement engagé pour résoudre des conflits violents. Nous avons accompli un travail sans précédent en amenant les parties à régler leurs différends ou à se mettre sur la voie de la paix. Restez attentifs ! » Cette déclaration confirme que la médiation africaine occupe désormais une place centrale dans la diplomatie américaine sous son administration.
Conformément aux engagements pris, un avant-projet d’accord de paix devra être rédigé d’ici le 2 mai 2025, sur la base des discussions en cours à Doha. Une réunion ministérielle de suivi se tiendra à Washington pour examiner et finaliser ce texte. Le succès de l’initiative dépendra de la capacité des parties à traduire leurs engagements en actes concrets : le retrait des forces armées étrangères, la démobilisation des groupes armés, le retour sécurisé des réfugiés et déplacés, et l’établissement d’une coopération économique crédible et transparente.
Pour la population congolaise meurtrie, le moment est venu d’exiger que les paroles deviennent enfin réalité. Car une paix véritable ne se signe pas seulement dans des salons diplomatiques ; elle se construit dans les villages, les villes et les territoires où le sang a coulé trop longtemps.



























































