Le colonel David Byaruhanga, commandant de la 409e brigade des Uganda People’s Defence Forces (UPDF), basée à Bondo Barracks à Arua, est décédé à Kampala des suites de blessures graves subies lors d’un affrontement contre la milice CODECO dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Ce décès survient alors que le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’UPDF et fils du président Museveni, appelle à intensifier les opérations contre ce groupe armé, qu’il qualifie d’« armée du Diable ».
Officier respecté, Byaruhanga dirigeait les opérations de sa brigade dans le cadre du déploiement ougandais en Ituri. Il a été grièvement blessé lors de l’offensive de Fataki, les 18 et 19 mars 2025, où l’UPDF affirme avoir repoussé une attaque de grande ampleur menée par CODECO. Selon le porte-parole par intérim de l’armée, le colonel Chris Magezi, l’officier n’a pas été touché par des tirs ennemis, mais victime d’un incident technique : « Un soldat a tiré un RPG qui a mal fonctionné et a blessé le colonel Byaruhanga ainsi que d’autres militaires. Nous les avons évacués vers Kampala, mais il est mort à l’hôpital de Nakasero. »
L’opération à Fataki aurait fait, selon l’UPDF, 242 morts dans les rangs de CODECO et plusieurs blessés parmi les soldats ougandais. Le colonel Byaruhanga est à ce jour la perte la plus élevée enregistrée par Kampala depuis le début de son intervention en RDC.
Ce drame survient dans un climat de tensions croissantes. Muhoozi, sur X, a adopté un ton de plus en plus radical. Il a ainsi déclaré : « CODECO prie le Diable tous les jours ! Nous, nous prions Jésus-Christ tous les jours. Voyons qui est le plus fort ? Jusqu’ici nous en avons tué 300. J’en veux au moins 10.000. » Et d’ajouter : « Mon père, le général Yoweri Museveni, m’a dit que je devais faire de l’UPDF une ‘machine à tuer’. C’est ce sur quoi nous travaillons. »
Officiellement, l’UPDF est présente en Ituri dans le cadre d’un accord avec Kinshasa pour lutter contre les ADF et CODECO. Mais cette coopération est de plus en plus fragilisée. Kampala a récemment révélé avoir capturé plusieurs officiers FARDC déguisés en miliciens CODECO, en complicité présumée avec le gouverneur militaire de l’Ituri. Ces hommes ont été transférés en Ouganda pour être interrogés, relançant les interrogations sur la fin possible du partenariat militaire entre les deux pays.
Le décès du colonel Byaruhanga, figure clé du commandement ougandais sur le terrain, pourrait servir de catalyseur à une intensification des opérations. Pour Muhoozi, ce sacrifice semble conforter la légitimité d’une riposte implacable. Mais derrière cette logique de guerre totale contre CODECO, certains analystes voient poindre une stratégie d’expansion territoriale et d’influence, masquée sous une rhétorique religieuse et identitaire.


























































