Le 24 mars 2025, les chefs d’État et de gouvernement des communautés d’Afrique de l’Est (EAC) et de l’Afrique australe (SADC) se sont réunis virtuellement dans le cadre de leur deuxième sommet conjoint, avec pour priorité la situation sécuritaire alarmante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette rencontre de haut niveau, co-présidée par William Ruto, président du Kenya et président en exercice de l’EAC, et Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe et président de la SADC, visait à adopter un cap commun face à une crise régionale qui prend une ampleur croissante.
Ce sommet fait suite à plusieurs initiatives multilatérales récentes, notamment la réunion ministérielle conjointe tenue le 17 mars à Harare, la première édition du sommet EAC-SADC à Dar es Salaam le 8 février, ainsi que les résolutions pertinentes de l’Union africaine et du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptées entre le 14 et le 21 février 2025. Le rapport des ministres EAC-SADC, validé au cours de la réunion, prévoit des mesures immédiates, à moyen et long terme, pour ramener la paix dans l’Est de la RDC, à travers une feuille de route coordonnée et une mise en œuvre rapide.
Une avancée majeure de cette rencontre fut la désignation d’un panel élargi de cinq facilitateurs, représentatifs des différentes régions africaines et équilibré en termes de genre. Il est composé des anciens chefs d’État Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Kgalema Motlanthe (Afrique du Sud), Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Catherine Samba-Panza (République centrafricaine). Ce groupe est chargé d’accélérer les efforts diplomatiques vers un cessez-le-feu durable et une solution politique inclusive.
Le président Paul Kagame, qui a pris part au sommet, a souligné la nécessité de traiter les causes profondes des conflits, en appelant au respect de la souveraineté de tous les États impliqués, y compris celle du Rwanda. « Si vous voulez que la guerre s’arrête, vous mettez fin à l’injustice », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance d’une approche régionale qui tienne compte des préoccupations sécuritaires de chaque pays.
Le président Ruto, quant à lui, a insisté sur la mise en place d’un secrétariat chargé de superviser la mise en œuvre des décisions issues du sommet. Il a également salué l’engagement des dirigeants à travailler en faveur d’un cessez-le-feu effectif et d’une cessation des hostilités.
La participation de dirigeants représentant 17 pays, y compris la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, l’Angola, la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud et le Soudan du Sud, témoigne d’une volonté continentale d’unifier les approches. Toutefois, les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, les accusations mutuelles d’ingérence et de soutien aux groupes armés, ainsi que les intérêts militaires divergents dans la région, compliquent toute tentative de coordination.
La RDC, par la voix du président Félix Tshisekedi, continue de dénoncer la présence du M23 soutenu, selon elle, par Kigali — ce que le Rwanda nie catégoriquement. Les efforts de paix passés, qu’ils soient issus du processus de Luanda, de Nairobi ou de l’Union africaine, n’ont jusqu’ici pas réussi à stabiliser la région.
Les chefs d’État ont appelé à une mise en œuvre rapide de la feuille de route sécuritaire, dans l’espoir que ce nouveau mécanisme conjoint permettra d’éviter l’échec des médiations antérieures. Le briefing du panel de facilitateurs est attendu dans les sept jours suivant le sommet, sous l’égide des secrétariats de la SADC, de l’EAC et de l’Union africaine.



























































