Le Président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a réitéré ses critiques à l’encontre du Rwanda, affirmant que les relations entre les deux pays voisins demeurent tendues. Lors d’une interview accordée à TV5 Monde, le chef d’État burundais a déclaré que les problèmes persistants trouvent leur origine du côté rwandais.
S’exprimant depuis son palais à Bujumbura, après une récente rencontre avec des investisseurs internationaux, Ndayishimiye a évoqué les multiples défis auxquels fait face le Burundi, notamment en matière de relations internationales. À la question de savoir si une amélioration des relations entre le Burundi et le Rwanda était envisageable, il a affirmé que l’obstacle principal demeure le non-respect par le Rwanda des engagements convenus lors de pourparlers antérieurs.
Depuis 2015, les relations entre les deux pays se sont détériorées, avec la fermeture de leur frontière commune pendant plusieurs années. Bien que celle-ci ait été rouverte en 2022, elle a de nouveau été fermée en janvier 2024, et aucun progrès tangible n’a été enregistré pour sa réouverture.
Évoquant les raisons de ces tensions, le Président Ndayishimiye a rappelé qu’en 2020, il avait pris l’initiative de renouer le dialogue avec Kigali, espérant une normalisation des relations bilatérales. Selon lui, bien que des discussions aient eu lieu et que des accords aient été conclus, leur mise en œuvre s’est heurtée à des obstacles du côté rwandais.
Ndayishimiye a accusé le Rwanda d’accueillir et de soutenir des individus qu’il qualifie de « terroristes », responsables de déstabilisation et de violences sur le territoire burundais. « Ces individus opèrent depuis le Rwanda, où ils trouvent refuge et les ressources nécessaires pour planifier leurs attaques au Burundi. Ils traversent la frontière pour commettre des actes de violence, causant des pertes en vies humaines », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que la réouverture de la frontière dépendra de la remise au Burundi de ces personnes accusées de tentative de coup d’État et d’actes terroristes. Pour le Président burundais, le problème ne réside pas à Bujumbura, mais à Kigali, qui, selon lui, n’a pas respecté ses engagements pris lors des négociations.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les relations diplomatiques entre les deux pays restent fragiles. Jusqu’à présent, le Rwanda n’a pas répondu officiellement aux allégations formulées par le Président Ndayishimiye.
Les tensions entre le Burundi et le Rwanda continuent de susciter des réactions sur les réseaux sociaux, où des voix pro-rwandaises se félicitent parfois implicitement des actions militaires présumées du Rwanda dans les zones frontalières, notamment dans la forêt de Kibira.

























































