Le Burundi a récupéré vingt de ses soldats capturés au front par le mouvement rebelle M23 depuis 2023. En échange, le M23 a également obtenu la libération de vingt de ses combattants détenus par les autorités burundaises, selon des sources crédibles citées par la BBC Gahuzamiryango.
L’échange a eu lieu le vendredi 25 juillet 2025 à la frontière entre le Rwanda et le Burundi, précisément au poste frontalier de Gasenyi-Nemba. L’opération, qui avait déjà été évoquée la semaine précédente sur plusieurs plateformes en ligne, a été confirmée de manière indirecte par des sources proches du dossier.
Du côté du M23, le porte-parole militaire Willy Ngoma a refusé de commenter l’information, déclarant simplement « no comment ». Le gouvernement burundais, lui aussi, n’a ni confirmé ni nié officiellement l’échange. Interrogé par la BBC, le général Gaspard Baratuza, porte-parole de l’armée burundaise, a déclaré : « Si cela a été fait, c’est une bonne chose. Cela est conforme aux conventions internationales sur les conflits armés. »
Selon ces mêmes sources, les soldats burundais libérés ont d’abord transité par Goma avant d’être remis à l’armée rwandaise, qui les a ensuite accompagnés jusqu’à la frontière burundo-rwandaise, en passant par Kigali. En sens inverse, ce sont également les militaires rwandais qui ont escorté les combattants du M23 libérés par le Burundi.
On ignore pour l’instant dans quelles conditions les combattants du M23 étaient détenus, ni depuis combien de temps ils étaient emprisonnés au Burundi. Ce qui est certain, c’est que sur les vingt soldats burundais relâchés, onze avaient été capturés entre 2023 et 2024, tandis que les neuf autres l’ont été au cours des affrontements de cette année 2025.
Le Burundi dispose d’un important contingent militaire dans la province du Sud-Kivu, officiellement pour combattre le groupe armé RED-TABARA, opposé au régime de Gitega. Toutefois, son armée a également été signalée dans les combats opposant les forces armées congolaises (FARDC) au M23 dans le Nord-Kivu. Ce dernier accuse régulièrement le Burundi d’intervenir directement dans ce conflit. Le M23 a même diffusé à plusieurs reprises des vidéos d’hommes en treillis affirmant être des militaires burundais, avec leurs noms, leurs unités, et la manière dont ils ont été déployés en RDC.
Le gouvernement burundais a toujours nié la présence de ses soldats parmi les captifs du M23.
Le Burundi et la République démocratique du Congo ont signé un accord militaire pour lutter conjointement contre les groupes armés. Cependant, le contenu exact de cet accord n’a jamais été rendu public.
La RDC continue d’accuser le Rwanda de soutenir activement le M23, ce que Kigali dément formellement, affirmant simplement avoir pris des mesures de sécurité pour se protéger. De son côté, le Rwanda accuse les forces armées congolaises et leurs alliés burundais de collaborer avec les FDLR, un groupe armé opposé à Kigali. Des accusations rejetées par les deux pays concernés.
Dans une interview accordée à la BBC en mai dernier, le président burundais Évariste Ndayishimiye avait accusé le Rwanda de planifier une attaque contre le Burundi via le territoire congolais, qualifiant cependant cette initiative de « pure illusion ».
Il convient de noter que la RDC et le M23 ont récemment signé un accord préliminaire de cessez-le-feu lors des négociations en cours à Doha, la capitale du Qatar. Par ailleurs, la RDC et le Rwanda ont également signé un accord économique à Washington par l’intermédiaire de leurs ministres des Affaires étrangères respectifs. Il est prévu que ces accords soient officiellement validés par les chefs d’État des deux pays, en présence du président américain Donald Trump.

























































