L’Union Européenne Retarde le Soutien Financier à l’Armée Rwandaise en Raisons de Préoccupations Concernant l’Implication dans la Rébellion du M23

Le 3 juillet 2024, le groupe de travail sur l’Afrique (COAFR) de l’Union Européenne, une partie du Conseil Européen, s’est réuni pour discuter de diverses questions concernant le Rwanda. L’un des principaux sujets était la demande de Kigali pour un soutien financier continu à ses opérations militaires dans la province de Cabo Delgado au Mozambique. Malgré l’urgence de la demande, les membres de l’UE n’ont pas réussi à parvenir à un consensus sur le déblocage d’une nouvelle aide financière pour les Forces de Défense Rwandaises (RDF).

Kigali a demandé une enveloppe supplémentaire de 20 millions d’euros de la Facilité Européenne pour la Paix (FEP) pour soutenir les unités des RDF combattant l’insurrection djihadiste dans le nord du Mozambique. Cette demande fait suite à un premier déblocage de 20 millions d’euros en 2023. La proposition était fortement soutenue par le Portugal et la France, mais a rencontré une résistance significative de la part de plusieurs États membres, dont les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suède. Ces pays ont exprimé des préoccupations quant à l’octroi d’une aide supplémentaire sans conditions associées.

Les oppositions critiques étaient fondées sur des allégations documentées dans le dernier rapport des Nations Unies, qui soulignait le soutien du régime rwandais à la rébellion du M23 dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Le rapport détaillait la présence d’éléments des RDF aux côtés des rebelles, suscitant un nouvel examen attentif des engagements militaires régionaux du Rwanda.

Historiquement plus indulgente envers le Rwanda, l’UE semble réévaluer sa position. Le COAFR, qui nécessite l’unanimité pour approuver l’enveloppe de 20 millions d’euros, a décidé de reporter la décision indéfiniment. Ce retard suggère une reconnaissance croissante au sein de l’UE de l’interconnexion des conflits à Cabo Delgado et dans l’est de la RDC.

Les membres de l’UE se sont également mis d’accord sur la nécessité d’élargir les sanctions contre les responsables rwandais impliqués dans le conflit déclenché par le M23. Actuellement, seul un officier des RDF, le capitaine Jean-Pierre Niragire, également connu sous le nom de Gasasira, est sanctionné. Il a été ajouté à la liste des sanctions en juillet 2023. Cependant, l’UE doit encore déterminer les noms supplémentaires à ajouter aux sanctions.

Cette évolution reflète l’approche prudente de l’UE envers le Rwanda sous la présidence de Paul Kagame, surtout compte tenu de l’implication controversée du Rwanda dans les conflits régionaux.