La rupture des relations diplomatiques entre le Rwanda et la Belgique continue de prendre une tournure inattendue. Deux diplomates rwandais en poste à Bruxelles ont demandé l’asile politique après que Kigali a annoncé la cessation immédiate de ses relations avec Bruxelles et l’expulsion de tous les diplomates belges du Rwanda, leur donnant un délai de 48 heures pour quitter le territoire. En réponse, la Belgique a adopté des mesures similaires, convoquant le chargé d’affaires rwandais à Bruxelles et ordonnant l’expulsion des diplomates rwandais dans le même délai.
Selon nos sources, l’un des diplomates ayant demandé l’asile est Jean Pierre Nkunzurwanda, qui occupait le poste de deuxième secrétaire d’ambassade. Avant sa nomination à Bruxelles en 2021, il avait occupé des fonctions clés au sein de la Direction Générale de l’Immigration et de l’Émigration du Rwanda, un organe stratégique du régime de Kigali. Le second diplomate, dont l’identité n’a pas encore été confirmée, travaillait comme agent de sécurité à l’ambassade rwandaise en Belgique.
Cette crise diplomatique s’est intensifiée alors qu’une délégation rwandaise, dirigée par le ministre des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe, était en visite à Bruxelles la semaine dernière pour des réunions avec l’Union Européenne. Toutefois, la délégation rwandaise a soigneusement évité toute rencontre avec les autorités belges, un geste perçu comme un mépris diplomatique. Lorsque la Belgique a pris des mesures de réciprocité en convoquant le chargé d’affaires rwandais à Bruxelles, Nduhungirehe a immédiatement annoncé qu’aucun diplomate rwandais ne répondrait à cette convocation.
Cette escalade survient quelques jours après que le président rwandais Paul Kagame a tenu des propos virulents à l’encontre de la Belgique lors d’un rassemblement à Kigali. Il a qualifié la Belgique de « petit pays » responsable de tous les problèmes du Rwanda et l’a accusée d’être à l’origine des sanctions internationales contre son régime. Kagame a également annoncé qu’il prendrait des mesures contre la Belgique malgré les moyens limités dont dispose son gouvernement.
Cette rupture intervient dans un climat de tensions grandissantes entre Kigali et Bruxelles, notamment après l’adoption par l’Union Européenne de sanctions individuelles contre plusieurs hauts responsables militaires rwandais et des membres du M23/AFC, accusés d’alimenter militairement l’invasion de l’Est de la RDC et de tirer profit de l’exploitation illégale de ses ressources naturelles. Kigali rejette ces accusations et dénonce une tentative d’ingérence néocoloniale.
L’octroi de l’asile politique à ces diplomates par la Belgique pourrait aggraver encore la crise diplomatique entre les deux pays. Cette situation met également en lumière de possibles divisions internes au sein du régime rwandais, alors que la pression diplomatique internationale s’intensifie contre Paul Kagame. Il reste à voir si d’autres défections suivront et quelles seront les répercussions à long terme de cette crise sur les relations du Rwanda avec ses partenaires occidentaux.

























































