Le 1er avril 2025, le Département d’État américain a annoncé la nomination de Massad Boulos au poste de conseiller principal pour l’Afrique. Déjà conseiller du président pour les affaires arabes et moyen-orientales, Boulos devient désormais une figure centrale de la diplomatie américaine sur le continent africain, à un moment où la région des Grands Lacs traverse de fortes turbulences.
À partir du 3 avril, Massad Boulos entamera une tournée diplomatique en Afrique centrale et de l’Est, aux côtés de Corina Sanders, sous-secrétaire adjointe aux Affaires africaines. La délégation visitera la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda, le Kenya et l’Ouganda. Cette mission vise à soutenir les efforts pour une paix durable dans l’est de la RDC et à encourager les investissements américains, notamment dans les infrastructures et les ressources stratégiques.
La visite intervient dans un contexte sécuritaire alarmant. Depuis la fin janvier 2025, les rebelles du M23, appuyés par les Forces de défense rwandaises (RDF), ont pris le contrôle de Goma, puis de Bukavu à la mi-février, ainsi que de l’aérodrome de Kavumu. Ces offensives ont provoqué des déplacements massifs de population et alimenté de fortes tensions régionales. En réponse, les États-Unis ont imposé le 20 février des sanctions ciblées contre James Kabarebe, secrétaire d’État rwandais à l’intégration régionale, et Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du M23, pour leur rôle direct dans l’aggravation du conflit.
Le président Félix Tshisekedi entend également profiter de cette tournée pour approfondir le dialogue stratégique avec Washington. Il propose un partenariat bilatéral, dans lequel les ressources naturelles critiques de la RDC — notamment le cobalt, le lithium et le cuivre — pourraient être mises à disposition des États-Unis en échange d’un soutien sécuritaire renforcé et d’un engagement diplomatique plus ferme face à l’agression rwandaise.
Dans un geste remarqué, et susceptible d’apaiser les relations bilatérales, le président Tshisekedi a décidé de commuer les peines de mort infligées à trois citoyens américains accusés de tentative de coup d’État en 2024. Marcel Malanga Malu, Tyler Thompson et Zalman-Polun Benjamin Reuben avaient été condamnés à mort en septembre 2024 par la justice militaire congolaise. Selon une ordonnance présidentielle lue à la radio nationale dans la nuit du mardi 1er avril, cette peine a été abolie à leur égard. La décision judiciaire avait été confirmée le 27 janvier 2025, et devenue définitive le 9 mars. Le chef de l’État congolais a motivé sa décision par les recommandations du ministère public et une demande de clémence émise par le ministre de la Justice.
La nomination de Boulos et sa mission en Afrique centrale marquent un possible tournant dans la politique américaine dans les Grands Lacs, mêlant diplomatie, sécurité et stratégie économique. Les États-Unis cherchent désormais à peser davantage sur les équilibres régionaux, dans un contexte de compétition accrue pour les ressources congolaises et de pression croissante sur Kigali.


























































