Le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden a déclaré qu’il n’avait pas été informé à l’avance des discussions au sein du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE sur la situation en République démocratique du Congo (RDC). Il a précisé cela lors d’une session parlementaire mardi, en réponse à une question de la députée Sam Tanson (Les Verts), ajoutant que l’absence de briefing préalable est une pratique courante lorsqu’aucun vote officiel n’est prévu.
Ces déclarations interviennent après que des médias ont affirmé que le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel, avait été le seul à s’opposer aux sanctions contre le Rwanda au sein du Conseil. Bettel a cependant démenti ces affirmations, expliquant que les sanctions n’avaient pas été formellement proposées et qu’il avait simplement préconisé d’attendre une éventuelle rencontre entre les parties avant d’agir.
Malgré cette réticence, un accord a désormais été trouvé au sein de l’UE pour sanctionner dix individus impliqués dans le conflit. Cette liste devrait être approuvée par les représentants permanents des États membres la semaine prochaine, avant de recevoir l’aval final des ministres des Affaires étrangères de l’UE le 17 mars.
Alors que l’UE débat encore sur la question des sanctions contre Kigali, plusieurs grandes puissances ont déjà pris des mesures unilatérales. Le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont imposé des sanctions contre le Rwanda, accusant Kigali de soutenir le M23 et de déstabiliser l’Est de la RDC. En Belgique, le Rwanda a anticipé en suspendant sa coopération au développement avec Bruxelles, une manœuvre destinée à éviter une sanction officielle.
Sur le plan national, le Parlement luxembourgeois a adopté mardi une motion, déposée par Sam Tanson, demandant au gouvernement de faire pression sur le Rwanda pour qu’il retire ses troupes de la RDC. La motion exhorte également le Luxembourg à soutenir les sanctions contre les responsables rwandais et à s’engager diplomatiquement pour trouver une issue pacifique au conflit.
Au-delà du cas rwandais, Luc Frieden a plaidé pour la fin de la règle de l’unanimité dans les décisions de politique étrangère de l’UE, arguant qu’aucun pays ne devrait avoir le pouvoir de bloquer l’ensemble des autres. Il a suggéré l’introduction d’une « super-majorité qualifiée » dans certaines décisions stratégiques et annoncé qu’un groupe de pays, dont le Luxembourg, proposerait d’ici l’été des réformes pour remplacer le principe d’unanimité en matière de politique étrangère.

























































