Rwanda : Quand le droit meurt, la misère prospère

Par Nadia MUGUNGA

Des membres de la diaspora rwandaise d'opposition et des militants des droits humains réunis lors d’un sit-in devant l’ambassade du Rwanda à Bruxelles, pour dénoncer les abus du régime de Kigali et appeler au respect des droits fondamentaux.

Bruxelles, 10 juin 2025 — Ce mardi, un sit-in symbolique a eu lieu devant l’ambassade du Rwanda à Bruxelles. À travers cette action, des membres de la diaspora rwandaise et des militants des droits humains ont voulu alerter l’opinion internationale sur un constat glaçant : au Rwanda, le droit est mort.

Selon les organisateurs, le régime en place à Kigali s’est affranchi de toute norme juridique ou morale. Il gouverne par la peur, le mensonge et la violence. Derrière une façade de stabilité, c’est un pouvoir autoritaire qui règne sans foi ni loi : assassinats politiques, répressions brutales, arrestations arbitraires et vols organisés impunies sont au cœur des accusations portées par les manifestants.

Dans ce contexte, la justice n’est plus qu’un instrument aux mains du pouvoir. Les opposants sont réduits au silence, les journalistes muselés, et les institutions, vidées de leur sens, servent à légitimer l’injustice plutôt qu’à la combattre.

Pour les manifestants, ce régime ne reconnaît aucune limite : ni celles imposées par le droit, ni celles dictées par la tradition. Le peuple rwandais vit sous une chape de plomb, privé de liberté, de sécurité et de recours.

Parallèlement à cette dictature politique, le Rwanda affronte une réalité sociale dramatique : la pauvreté s’aggrave et la famine s’installe dans le silence le plus complet. Dans de nombreuses régions, les familles luttent chaque jour pour se nourrir. Les enfants souffrent de malnutrition, tandis que les campagnes sont abandonnées à la misère.

Ce désastre humanitaire est accentué par la mauvaise gouvernance économique. Les richesses du pays sont accaparées par une élite liée au pouvoir, laissant la majorité de la population dans la précarité. Et lorsque l’aide humanitaire arrive, elle est trop souvent détournée ou conditionnée par des intérêts politiques.

Les manifestants appellent la communauté internationale à sortir de son silence. Ils réclament des sanctions ciblées contre les responsables des violations des droits humains, une enquête indépendante sur les crimes allégués, et un soutien aux voix démocratiques rwandaises, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

« Il ne s’agit pas seulement de dénoncer un régime. Il s’agit de défendre la dignité d’un peuple qui souffre dans l’ombre », affirme l’un des participants au sit-in. Face à un régime qui a enterré le droit, la vérité, la justice et l’humanité, la mobilisation devient un devoir. Car lorsque le droit meurt, la pauvreté tue.