LA POLICE RWANDAISE IMPLIQUÉE DANS DES VIOLENCES CONTRE DES CITOYENS RWANDAIS

Par NIYITEGEKA Faustin

La mission première d’un policier ou d’un militaire est de protéger les citoyens rwandais, dans le respect des lois écrites et de la Constitution.

Le policier intervient en cas de difficulté, travaille de jour comme de nuit pour assurer la sécurité, il est censé être courageux et intègre, à l’écoute de la population et capable de résoudre ses problèmes. Or, au Rwanda, la réalité est tout autre, car ces forces de sécurité sont souvent les premières à maltraiter les citoyens.

Le Rwanda déploie des policiers dans diverses missions de maintien de la paix, notamment au Mozambique, en Haïti, en Centrafrique et ailleurs. On affirme qu’il s’agit d’une police professionnelle et performante. Mais lorsqu’on constate l’absence de professionnalisme au Rwanda même, on est en droit de se demander ce qu’ils vont réellement faire à l’étranger.

Si la police rwandaise bénéficie d’une formation poussée, comment expliquer que chaque fois que des citoyens sont tués, on les accuse systématiquement de s’être opposés aux forces de l’ordre, alors que certains étaient menottés ? Pourquoi ces personnes sont-elles toujours abattues mortellement ? Pourquoi ne pas tirer dans le pied ou la jambe afin de les neutraliser et les arrêter vivants?

Il existe aussi cette pratique consistant à emmener une personne la nuit pour qu’elle indique l’endroit où elle aurait jeté des objets utilisés pour commettre un meurtre, puis à affirmer qu’elle a tenté de s’enfuir face à la police. Pourquoi ces transferts se font-ils toujours de nuit et non en plein jour, à la vue de tous ?

Au cours de la semaine qui s’est achevée le samedi dernier, précisément le dimanche 4 janvier 2026, la police a abattu deux personnes dans le district de Musanze, affirmant qu’elles étaient armées d’armes traditionnelles. Or, il s’agit de mensonges.

Les Rwandais sont poussés à bout par la pauvreté, la faim et le chômage. Cette situation conduit certains au désespoir et les pousse à chercher des moyens de survie, notamment en se lançant dans l’exploitation artisanale des minerais, faute d’alternatives, conséquence d’une politique du FPR dépourvue de programme clair pour améliorer durablement les conditions de vie de la population.

En juillet 2025, au cours de l’année qui vient de s’achever, la police rwandaise a également abattu deux personnes dans le district de Rwamagana, en affirmant qu’elles tentaient d’étrangler des policiers. Comment une personne menottée peut-elle étrangler un policier ?

Tous ces faits mettent en évidence les graves failles des forces de sécurité rwandaises, car seuls quelques cas sont rendus publics, tandis que de nombreuses autres victimes sont simplement tuées.

Pour conclure, je rappelle à tous ceux qui commettent ces actes de réfléchir à deux fois avant de tirer une balle, car ce n’est pas ainsi que l’on rend la justice que le Rwanda mérite.