Le 23 juin 2025, plusieurs forces politiques de l’opposition rwandaise ont publié une déclaration commune dénonçant l’arrestation de Victoire Ingabire Umuhoza, présidente du parti DALFA-Umurinzi, interpellée le 19 juin à Kigali. Cette arrestation suscite une vive inquiétude dans les rangs de l’opposition, mais elle est aussi présentée comme une occasion de réaffirmer l’urgence d’un dialogue politique inclusif au Rwanda.
Réunis en session extraordinaire virtuelle le 22 juin, les représentants de partis politiques et de figures engagées dans la lutte pacifique pour une démocratie rwandaise ont exprimé leur solidarité avec Mme Ingabire, saluant son engagement non violent et son courage politique. « Par son retour volontaire au Rwanda en 2010, elle a démontré sa volonté de transformer le pays par le dialogue et la participation démocratique », lit-on dans la déclaration. Selon les signataires, elle incarne pour de nombreux Rwandais la possibilité d’un débat politique fondé sur la coexistence et le respect mutuel, loin des logiques de persécution.
L’arrestation de Mme Ingabire est perçue comme « un signal inquiétant pour l’avenir du débat politique au Rwanda ». Néanmoins, l’opposition considère qu’il est encore possible de faire preuve de sagesse. Elle appelle les autorités rwandaises à transformer cette crise en opportunité historique pour s’ouvrir à un véritable pluralisme politique. « Il est temps d’imaginer une coexistence pacifique fondée sur la reconnaissance mutuelle, la loyauté constitutionnelle et une vision partagée de l’avenir », poursuit le texte.
Les signataires demandent la libération immédiate et inconditionnelle de Victoire Ingabire et l’arrêt des arrestations et intimidations visant les opposants pacifiques et les acteurs de la société civile. Ils réaffirment leur attachement à une lutte politique pacifique pour une société démocratique et réconciliée. Tout en tendant la main au pouvoir pour un dialogue sincère, ils affirment leur détermination à poursuivre leur engagement.
La déclaration est signée par les principaux partis d’opposition en exil ou marginalisés à l’intérieur du pays : Amahoro PC (Etienne Masozera), FDU-Inkingi (Placide Kayumba), GREX (Thomas Nahimana), PS-Imberakuri (Ryumugabe Jean Baptiste), RDI-Rwanda Nzinza (Hildebrand Kayibanda), RNC (Emmanuel Hakizimana), RRM (Kasimu Butoyi), PDR-Ihumure (Paul Rusesabagina), ainsi que des personnalités politiques comme le général Emmanuel Habyarimana et Nkiko Nsengimana.
Pour eux, la libération de Victoire Ingabire serait un premier geste fort vers une nouvelle étape politique au Rwanda, où les différences d’opinions ne seraient plus perçues comme des menaces, mais comme des richesses pour le pays.



























































