Le 7 février 2025, les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réuniront à Dar es Salaam, en Tanzanie, pour discuter de l’escalade du conflit en République démocratique du Congo (RDC). À la veille de ce sommet crucial, Dr. Théogène Rudasingwa, ancien Secrétaire général du Front Patriotique Rwandais (FPR), ancien Ambassadeur du Rwanda aux États-Unis, et ancien Directeur de cabinet du président Paul Kagame, a publié une lettre ouverte dénonçant l’agression militaire du Rwanda en RDC et appelant à une action immédiate et décisive. Dans cet appel virulent, il souligne l’implication directe du Rwanda dans la récente chute de Goma et condamne les dénégations répétées de Kagame concernant la présence de son armée en territoire congolais.
L’occupation de Goma par les rebelles du M23, une milice soutenue par le Rwanda, révèle une fois de plus l’incapacité des acteurs régionaux et internationaux à stopper les violations incessantes de la souveraineté congolaise par Kagame. Malgré les preuves accablantes contenues dans les rapports du Groupe d’experts des Nations Unies, Kagame continue d’exploiter les canaux diplomatiques pour masquer ses ambitions territoriales et économiques en RDC. Dans sa lettre, Dr. Rudasingwa rappelle que la stratégie de guerre de Kagame n’a pas changé depuis 1990 : il ne croit ni aux négociations, ni aux accords de paix, ni aux cessez-le-feu, sauf comme tactiques temporaires lui permettant de se réorganiser avant de frapper à nouveau.
Le pillage systématique des ressources congolaises—coltan, or, diamants et autres minerais précieux—finance à la fois l’appareil militaire rwandais et le régime autoritaire de Kagame. Ces richesses, essentielles aux industries mondiales, sont exploitées par des réseaux criminels liés au pouvoir en place à Kigali. Dr. Rudasingwa dénonce cette exploitation économique, affirmant que cette guerre ne relève pas uniquement d’un conflit territorial, mais constitue un cynique projet d’enrichissement au profit d’un pouvoir dictatorial. Il avertit que sans intervention immédiate, le cycle de violence continuera et entraînera un embrasement régional majeur avec des conséquences dramatiques sur le plan humanitaire.
Le coût humain de cette guerre est effroyable. Depuis des décennies, des millions de personnes ont péri, des communautés entières ont été détruites, et des millions de Congolais ont été déplacés. La récente offensive du M23 a provoqué une nouvelle vague de réfugiés, aggravant une crise humanitaire déjà désastreuse. Pendant ce temps, Kagame persiste dans ses mensonges. Dans sa lettre, Dr. Rudasingwa expose l’hypocrisie du dirigeant rwandais, qui feint de ne pas savoir si son armée est présente en RDC. Cette tactique, fondée sur le déni systématique, est une constante dans les interventions militaires du Rwanda sous prétexte de préoccupations sécuritaires.
L’EAC et la SADC, qui représentent une population combinée de plus de 600 millions d’habitants et un PIB dépassant 1 000 milliards de dollars, ont les moyens économiques et militaires d’arrêter l’agression du Rwanda. Dr. Rudasingwa rappelle aux dirigeants africains qu’ils ont déjà réussi à contraindre Kigali à retirer ses troupes de Goma en 2012. Aujourd’hui, alors que les ambitions de Kagame s’étendent au-delà des Kivus vers Bukavu et au-delà, l’urgence d’une action collective et définitive n’a jamais été aussi pressante.
Dans sa lettre, il propose plusieurs mesures concrètes :
- Un ultimatum clair exigeant que le Rwanda cesse immédiatement tout soutien au M23 et retire ses forces du territoire congolais.
- Des sanctions économiques et diplomatiques ciblées, y compris la suspension du Rwanda des accords commerciaux régionaux.
- L’exclusion du Rwanda de l’Union Africaine et du Commonwealth des Nations tant qu’il ne respectera pas les normes internationales.
- Le déploiement d’une force militaire conjointe EAC-SADC, chargée de protéger les civils, de sécuriser les frontières et de superviser le retrait des forces rwandaises.
- Un embargo international sur les armes à destination du Rwanda, sous l’égide de l’Union Africaine et des Nations Unies, pour affaiblir ses capacités militaires.
- L’application du rapport Mapping des Nations Unies de 2010, afin de poursuivre Paul Kagame et ses complices pour les crimes commis au Rwanda et en RDC.
Dr. Rudasingwa ne se contente pas de dénoncer les exactions du Rwanda en RDC ; il met également en lumière la répression interne du régime Kagame. Il rappelle que l’agression extérieure du Rwanda est intrinsèquement liée à son besoin de museler l’opposition intérieure. Assassinat d’opposants, surveillance et harcèlement des exilés, emprisonnement d’activistes et de journalistes : la dictature de Kagame repose sur la peur et la censure. Dr. Rudasingwa souligne que la paix durable en RDC ne pourra être atteinte tant que la répression au Rwanda persistera.
Le sommet de Dar es Salaam représente un tournant historique pour l’Afrique. Dr. Rudasingwa exhorte les dirigeants africains à mettre un terme à l’impunité de Kagame avant que la situation ne dégénère en un conflit encore plus vaste. Il leur rappelle que l’histoire jugera leur inaction, citant les paroles du Président fondateur de la Tanzanie, Julius Nyerere, qui déclarait : « L’unité ne nous rendra peut-être pas riches, mais elle peut empêcher que l’Afrique et les Africains soient ignorés et humiliés. »
Le message de Dr. Rudasingwa est limpide : la crédibilité du leadership africain dépend de sa capacité à stopper la guerre du Rwanda en RDC. Les demi-mesures ne suffisent plus—seule une réponse unie et ferme pourra restaurer la paix et la stabilité dans la région.


























































