9 août 2025 – Le club allemand du Bayern Munich a annoncé qu’il ne renouvellerait pas son partenariat publicitaire avec l’Office du Tourisme du Rwanda, connu sous la marque “Visit Rwanda”. Dans un communiqué, le club précise que le nouvel accord se concentrera désormais sur le développement de jeunes talents dans le pays, sans donner d’explication sur l’abandon du volet publicitaire.
Cependant, plusieurs médias allemands avancent que cette décision serait liée aux critiques croissantes visant Kigali sur la question des droits humains, ainsi qu’à son rôle dans la guerre en République Démocratique du Congo. L’armée rwandaise est accusée par l’ONU, des ONG et Kinshasa de soutenir militairement la rébellion du M23, qui contrôle aujourd’hui d’importantes portions du Nord et du Sud-Kivu, dont les capitales provinciales Goma et Bukavu. Kigali dément, affirmant que ses actions visent uniquement à sécuriser ses frontières.
Depuis plusieurs années, le Rwanda investit massivement dans le sponsoring sportif auprès de clubs européens prestigieux, affichant le slogan “Visit Rwanda” sur les maillots et dans les stades. Arsenal (Angleterre), Paris Saint-Germain (France) et Bayern Munich (Allemagne) font partie de ces partenariats, rejoints en avril dernier par l’Atlético de Madrid (Espagne).
En février 2025, le gouvernement congolais avait officiellement demandé à Arsenal, au PSG et au Bayern Munich de mettre fin à leurs accords publicitaires avec le Rwanda, qualifiés de “contrats tachés de sang”, au vu des accusations d’implication rwandaise dans le conflit congolais. La ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait adressé des lettres de protestation à ces clubs, sans succès dans les cas d’Arsenal et du PSG, qui ont depuis prolongé leurs partenariats.
Lors de son premier contrat, le Bayern Munich percevait plusieurs millions de dollars par an pour promouvoir “Visit Rwanda” dans ses stades et événements. Mais cette collaboration a été contestée dès le départ : en février, des supporters avaient brandi des banderoles dénonçant le soutien de Kigali au M23, responsable du déplacement de centaines de milliers de civils en RDC.
Le Bayern Munich a déjà été au cœur de controverses similaires. Ses accords passés avec le Qatar avaient provoqué des protestations en raison du bilan du pays en matière de droits humains. Cette semaine encore, le club a signé un partenariat avec la compagnie aérienne Emirates, appartenant aux Émirats arabes unis, eux-mêmes accusés par des ONG de soutenir une partie au conflit dévastateur au Soudan. Un enchaînement de choix commerciaux qui, malgré les déclarations de bonnes intentions, continue d’exposer le club aux critiques sur ses alliances politiques et éthiques.

























































