Crise du coronavirus (COVID-19) au Sénégal : Le discours du président Macky Sall crée la frustration ethnique et linguistique.

Le Président Sénégalais, Macky Sall

Devant les dangers de cette nouvelle maladie appelé communément le coronavirus, le président de la république, son excellence Mr Macky Sall s’est adressé à la Nation dans une seule langue nationale. Dieu sait que notre beau pays en compte plusieurs. Malheureusement, son discours partisan et ethnicise, fragilisant le pays n’a pas été suivi et beaucoup de citoyens du pays regrettent ce geste qui n’est pas bien venu. On ne comprend pas le comportement du chef de l’exécutif, qui au lieu de pacifier et d’unir le pays, est en train de jeter les bases d’une profonde division. Où allons-nous avec ces possibles difficultés ethniques que nos dirigeants politiques sont en train de semer et qui peuvent être fatales à notre stabilité?

Il serait bon de revisiter la constitution sénégalaise avant toute chose et j’espère que cela va amener de la lumière sur nos interrogations. Aussi, tout un chacun de nous, est invité à s’adonner à cet exercice qui peut être très bénéfique pour notre culture générale. Nous reproduisons ci-dessous un de ces articles à titre d’exemple.   Article premier La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances. La langue officielle de la République du Sénégal est le Français. Les langues nationales sont le Diola, le Malinké, le Pular, le Sérère, le Soninké, le Wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée.

Le geste du chef de l’état qui s’adresse au peuple sénégalais que dans une seule langue est discriminatoire envers les autres groupes ethnique et/ou linguistiques du pays. Tous les sénégalais de toutes les races et religions ont le droit à l’information. Informer ses concitoyens dans un pays aussi diversifié en utilisant un seul dialecte n’est pas la bonne chose à faire. Ainsi, le citoyen de la Casamance qui ne comprend que le diola se sent oublié, négligé et rejeté. Pourtant ce dernier paie ses impôts et ses taxes au même titre que celui qui est privilégié dans le message présidentiel.  Nous avons des difficultés économiques mais ces dernières risquent d’être augmentées par des problèmes éthiques et linguistiques.

Que faire ?

La présidence de la république est une institution et elle est probablement la plus importante du pays. Elle doit être au service exclusif de l’ensemble du peuple sénégalais. On y dénote des dérives regrettables qui ne sont pas de nature à apaiser le pays depuis un certain temps. Le point culminant a été atteint pendant la cérémonie de fin d’année pendant laquelle, le chef de l’état s’est exprimé seulement en français et dans une seule langue nationale. On lui demande tout simplement, d’être inclusif et d’inclure toutes les autres langues du pays dans la communication présidentielle au peuple.

Gondiel Ka,

gondielka@hotmail.com

Chroniqueur, Montréal, Canada.

Avec la collaboration de : de Dental Fulbé Canada, Kisal Deeyirde Pulaagu, Tabital Pulaagu Allemagne et Kibaaruji Pulaagu International, Fedde Pellital et Dental Faabatobe, Associazione Fulbe in Italia, Pulaar nder serwer Orange, Fedde Bamtore Pulaar et Fedde Darnde Lenol.

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