Prototype d’un officier supérieur des FAR: clé pour comprendre la défaite humilante de 1994 et ses conséquences.

Introduction

De plus en plus, les analystes et les chercheurs intéressés par l’histoire récente du Rwanda soulèvent la question de connaître les causes de la défaite humiliante des Forces Armées Rwandaises ( FAR) en 1994, face aux éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda qui avaient envahi le pays sous le parapluie du FPR en octobre 1990.

Plusieurs essais d’explication sont donnés et tous apportent une contribution dans la construction de ce pan de l’histoire du Rwanda.

La présente contribution tend elle aussi à expliquer cette défaite inimaginable à travers un récit fictif de la carrière d’un officier des FAR que serait passé à l’ennemi qu’il avait aidé à gagner la guerre contre les FAR pour y mener une nouvelle carrière.

Voici un jeune homme natif d’une région que l’on ne peut ou pourra pas qualifier de Nord ou Sud du Rwanda. Et d’origine familial ambigu que l’on ne peut l’assimiler à l un des deux principales ethnies du Rwanda. Lauréat avec brio au début des années 70 de la prestigieuse Ecole des officiers de Kigali, il sera aussi parmi les tous premiers officiers rwandais à faire l’Ecole de Guerre et d’en être breveté.

Il fera une carrière essentiellement comme officier de bureau à l’Etat Major où l’on appréciait en plus de sa compétence technique, son calme, sa loyauté et surtout sa soumission sans broncher aux ordres de ses supérieurs . Ce n’est que presque après 20 ans de carrière comme officier de bureau que notre officier sera affecté au commandement d’une unité.

Quand la guerre éclata le 01 octobre 1990, c’est naturellement à cet officier expérimenté et haut gradé que l’Etat Major  fit appel pour aller au front pour stopper l’avance de l’ennemi au Mutara avant de mener la contre-offensive pour le bouter hors du territoire national . Notre officier se montra si incompétent et pour certains complice, qu’au lieu de refouler l’ennemi il sema la pagaille entre les unités sous ses ordres. La situation ne fut rétablie que quand il fut relevé de son commandement et renvoyé dans les arrières.

Pendant la guerre d’usure qui débuta en 1991 et le multipartisme qui l’accompagnera , notre officier sera côté comme étant proche du parti radical tutsi de l’intérieur, le PL qui se voulait être la branche  non armée de l’intérieur du FPR , branche armée attaquant à partir de l’Ouganda, comme les leaders politiques de ce parti le brandissaient .

Au lendemain de la décapitation du pays avec l’assassinat du Président Habyarimana et du Chef d’Etat Major le Général Nsabimana Déogratias, le comité de crise des FAR dût se rabattre sur notre officier en désignant un Chef d’Etat Major de l’Armée ad interim afin de départager les deux chefs de cabinets du Ministère de la Défense ( l’ancien encore officier d’active et le nouveau officier en retraite) qui ne s’accordaient pas.

Comme Chef d’Etat-Major ( ai) depuis le 07 avril 1994, la seule décision connue en matière de conduite de la guerre déclenchée par le FPR dès le 07 avril 1994 dans l’après midi, fut l’ordre émis le 12 avril 1994. Cet ordre du Chef d’Etat Major ( ai) intimait aux Unités de la garnison Kigali-Kanombe, d’évacuer la capitale et d’aller s’installer au delà de la Nyabarongo. L’ordre ne fut pas exécuté car certains commandants d’unités ont clairement refusé de céder le terrain aussi facilement à l’ennemi désobéissant ainsi au Chef d’Etat Major. C’est dans ce contexte que notre officier fut remplacé à cette fonction le 16 avril 1994.

En juillet 1994, après la prise de Kigali par le FPR et donc la prise du pouvoir au Rwanda , notre officier sera parmi les quelques officiers des FAR à “ voler au  secours de la victoire” du FPR qu’il souhaitait tant.

Il entamera alors une carrière militaire et même politique en gravissant tous les échelons de la hiérarchie militaire dans l’armée du FPR( le plus gradé) et en occupant des postes politiques de premier plan ( Ministre etc…)

Mais notre officier n’aura pas tout réussi dans sa vie et surtout privée. Il a dû se séparer de sa première épouse qui avait choisi de fuir le FPR avec ses enfants. Mais notre officier fut consolé en lui trouvant une autre épouse plus jeune et plus compréhensive car ancienne combattante de l’APR. 

Sur le plan économique et financier on pourrait dire qu’il a réussi car il s’est acheté une propriété sise dans une des communes huppées de Bruxelles où il séjourne régulièrement

ce qui lui permet de suivre l’état de santé de son fils ( du 2è mariage) qui souffre de la maladie dite “maladie orpheline” qui était scolarisé dans la commune Bruxelloise de Saint Gilles.

Il semble que dans sa retraite, notre officier est sommé par ses maîtres du FPR de se recycler en délateur et calomniateur des exilés et autres opposants au FPR surtout ceux qui furent comme lui des FAR et encore en vie et en activité.  Comme il en reste peu, il s’ennuie et tire sur tout ce qui bouge pour remplir sa mission et contenter ses maîtres.

Conclusion

Attention, ceci est une fiction décrivant le prototype d’un officier  qui aurait fait une carrière dans les FAR et qui pendant la guerre serait passé du côté ennemi pour y refaire une nouvelle carrière aussi brillante que la première. Nous n’avons nommé personne et nous demandons aux lecteurs de ne pas en nommer et nous le faire endosser.

Emmanuel Neretse.

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