RWANDA: LE SPECTRE D’HECATOMBES DES HUTUS!

Par RUGEMINTWAZA Erasme

Le Rwanda est un pays des Milles Collines, mais il est  aussi un pays  mille fois meurtri par les avatars sociaux qui ont été à la base des confrontations qui ce sont souvent transformées dans d’horribles  massacres inter-ethniques le long de son histoire. La décennie de 1990-2000, fera son record dans cette rivalité atavique entre Hutus et Tutsis. A côté des massacres des Tutsis de 1994 attribués au Gouvernement de KAMBANDA Jean  à dominance hutue, massacres pour lesquels le Gouvernement d’”Union Nationale” de Paul KAGAME a fait feu de tout  bois pour les faire qualifier de Génocide contre les Tutsis, il y a l’autre face de ce Génocide, les massacres des Hutus pour lesquels le nouveau maître du pays, le FPR,  ne ménagea aucun effort pour les faire taire,  les faire passer  et qualifier comme bon lui semble.  Revisitons quelques charniers qui ravivent les passions.

La découverte des corps des Hutus massacrés par le FPR-Inkotanyi en 1994, dans le mois passé d’avril 2021, dans le district de Rulindo n’est pas une surprise, car « les faits sont têtus ». Ce qui est surprenant dans cette affaire funèbre est plus que jamais l’attitude du gouvernant devant les corps de ses citoyens : une ségrégation des morts qui laisse dévoiler le système raciste du régime du FPR ! Cette attitude délétère a  suscité ou mieux ressuscité la question des massacres des Hutus qui est devenue un sujet tabou ou un croquemitaine au Rwanda. D’aucuns se demandent si le régime du FPR-Inkotanyi continuera à afficher son attitude barbare envers les victimes hutues en leur refusant même une sépulture décente ou s’il va un jour s’assagir et opter pour une attitude positive  et reconnaître les dérives de son armée, comme l’a timidement fait son patron Paul Kagamé.  D’autres disent que la reconnaissance des massacres des Hutus  pourra être la fin du mensonge du FPR et un commencement d’une vraie politique de réconciliation ; ou le commencement de la vérité et d’une justice longtemps hypothéquée et la fin d’un régime suintant le sang des innocents. La témérité candide des paysans de Rulindo qui ont publiquement accusé le FPR d’avoir tué leur famille est louable ; ce qu’il faut demander aux autres qui savent où les leurs ont été sauvagement abattus et barbarement jetés. Ceci me fait revisiter les charniers des Hutus massacrés par le FPR, actuellement connus mais qui sont réellement une partie visibles de l’iceberg.

Avant la prise de Kigali: Semer la terreur!

Quand on parle du génocide rwandais, la population du nord du pays ne pense qu’aux massacres des Hutus de cette région par les troupes du FPR. Et ceci n’est pas un problème de négationnisme comme cela pourrait paraître. En effet, les seuls  massacres auxquels cette population a assisté sont ceux commis par le FPR-Inkotanyi depuis le 01/10/1990.  Cette attitude de la population du nord du pays est due à deux phénomènes concurrents: l’une historique et l’autre géographique. L’Histoire a presque vidé cette partie nordique des Tutsis qui furent installés dans des paysannats  du sud-est du pays pour leur sécurité alors que géographiquement le nord du pays constitue la frontière du Rwanda avec l’Uganda la base arrière du FPR. Les massacres sélectifs et systématiques des populations civiles hutues des anciennes préfectures de Byumba et Ruhengeri, ont été très tôt enregistrés qu’ailleurs dans le pays. Les opérations commandos de représailles, de dissuasion et pourquoi pas de subversions ont été enregistrées, dans cette zone de bataille entre  1990 et 1994. Alors la population, majoritairement hutue sera exposée à la fureur du FPR-Inkotanyi et payera souvent la facture des défaites intermittentes connues par cette rébellion Tutsie, déterminée à reconquérir le pays de leurs parents, et pernicieusement embrigadée par une idéologie génocidaire contre les Hutus. En fait les idéologues du génocide hutu ne manquaient pas, KIMENYI Alexandre  avec sa revue IMPURUZA, une sorte le pendant de KANGUKA de NGEZE Hassan, serait l’inspirateur de MUGESERA Léon. Les deux préconisent le Rwanda pur sang, selon sa tribu ! Ainsi à Byumba, on ne connaît que les massacres du stade de Byumba où plusieurs milliers de personnes ont été lâchement exécutés par le FPR. Cette hécatombe a beaucoup fait parler la population de Byumba pendant les juridictions Gacaca. Quelques fonctionnaires publics et mêmes les juges Gacaca ont été poursuivi et puni car ils entendaient  que l’affaire qui les concernait plus était l’affaire du stade de Byumba. Madame MUKANTAGANZWA Domitille sait l’effort consenti à Byumba pour changer cette attitude accusatrice de la population. En fait, les gens ont été emmenés de chez eux, pour être rassemblés dans un  simulacre de réunion au stade de Byumba. Apres le triage par groupes ethniques, les Hutus furent lâchement abattus. Les cadavres ont été entassés dans des charniers. Voici que 27 ans après le spectre de cette ignoble hécatombe est toujours là : les orphelins pleurent toujours leurs parents qu’ils ne souviennent pas bien, et les veuves sont mortifiées par l’angoisse et le chagrin ! Dernièrement Shyaka Gilbert, 29 ans a révélé que sa famille a perdu 40 membres dans ces massacres de Byumba. Suite à cela il a perdu tout espoir dans la vie. Alors que les jeunes Tutsis de sa génération ont eu tout le soutien de l’Etat pour préparer leur avenir, lui,  il n’a fait que l’école primaire ! Il déplore la situation de sa mère, une Tutsi doublement rejetée par sa famille biologique et sa belle famille et oubliée par l’Etat. Shyaka Gilbert a écrit au président de le république pour le décentration de son angoisse. De même la population de la préfecture de Ruhengeri surtout les zones frontalières de l’Uganda comme les anciennes communes de Butaro, Kidaho et Kinigi et celle urbaine de Kigombe, ont gardé dans la mémoire l’attaque du 8 février 1993. Attaque  bien préparée par le FPR, en brisant le cessez-le-feu, car non seulement par l’attaque le FPR va prendre la ville de Ruhengeri mais également il va déferler sur les collines de Tumba jusqu’à barrer la route Ruhengeri- Kigali et écrire dans la route, je m’en souviens très bien « Zone du FPR » à Rulindo, à une quarantaine de kilomètres de Kigali.  Une attaque meurtrière qui va laisser derrière elle d’hécatombes. La ville de Ruhengeri était jonchée des cadavres mutilés, décapités après la prise et l’évacuation dare dare de la ville de Ruhengeri par l’APR. Dans les campagnes de Kidaho à la frontière de l’Uganda c’était horrible. Ce fut une attaque très meurtrière qui va vider les régions attaquées de sa  population pour être déplacée dans des camps sordides comme celui de  Nyacyonga à la porte de Kigali, de Cyabingo, de Mukinga. Ces camps resteront dans la mémoire des humanitaires. Un peu avant cette attaque une opération commando du FPR plus que jamais meurtrière s’est produite dans la zone frontalière de l’Uganda. Ce qui fut horrifiant, terrifiant c’est la façon de tuer du FPR-Inkotanyi. M. Kanyamihigo Callixte, qui était président du MRND dans la commune de Kidaho fut décapité, on trouvera sa tête in extremis, alors qu’on allait enterrer le tronc sans la tète ! Son enterrement serait l’une des causes de la mort de Mgr. Evêque de Ruhengeri NIKWIGIZE Phocas, car il s’est rendu dans l’enterrement ce qui signifie qu’il était un témoin oculaire gênant de la barbarie du FPR. Mgr. Evêque NIKWIGIZE Phocas sera intercepté et exécuté par le FPR, quand il revenait, avec ses ouailles, des camps des réfugiés de l’ex-Zaire. Dans cette opération commando furent aussi exécutés Kanyamibwa Charles avec ses trois femmes et une dizaine d’enfants ; l’agronome André, sera jeté sur la route la gorge coupée. Après le retrait du FPR dans des zones conquises lors de l’attaque du 8 février 1993, on créa une zone démilitarisée sous le contrôle du Groupe d’Observateurs Militaires Neutres de l’ONU. En fait la zone était presque sous le contrôle du FPR, car il est difficile à contrôler un rebelle que l’armée régulière Il y aura  beaucoup d’extermination de Hutus influents comme NKABURA Jean, commerçant éminent de la ville de Ruhengeri habitant à Rugarama ;  Zimulinda Fidèle enseignant à qui on va crever les yeux et le laisser mourir de faim dans la zone tout près de la frontière de l’Uganda. L’horrible qui s’est produit dans la zone tempo fut mis à jour en 2018, avec la découverte d’un charnier de 50 corps. En fait quelques personnes  tuées par le FPR, dans la zone tempo vont être jetées dans une fosse commune qui fut découverte en 2018 dans le centre commercial de Kidaho, dans la parcelle de Monsieur Gasaza Musabyimana Alfred Maximilien, dans le secteur Cyanika, district de Burera. Comme à Rulindo, la decouverte est purement fortuite. En effet, lors de travaux de construction, on est fortuitement tombé sur une fosse commune contenant une cinquantaine de corps.  Certains corps ont été reconnus entre autre SEBIRYO qui fut encadreur de la commune de Kidaho et qui n’a pas pu quitter la zone tempo, ainsi que SEMBEBA. Les autorités du district de Burera ont été vite alertées et sont vite intervenues pour mater une probable vague de dénonciations et protestations et réclamations des corps. Les corps ont été  enterrés tout près du lac Burera, certains esprits révoltés disent qu’on les aurait purement et simplement jetés dans le lac Burera. Ceux qui commençaient à montre quelques velléités de réclamer les corps ont été sommés de se taire.

Voilà pourquoi la population du Nord du pays ne sait que ces massacres qu’elle qualifie de génocide des Hutu. Demander aux gens qui ont vecu dans de telles conditions de guerre tribale, de commémore le Génocide Tutsi, alors qu’elles ne connaissent aucun Tutsi tué dans leurs villages, leur refuser l’ensevelir les leurs au lieu d’aller les jeter dans des endroits inconnus constitue pour eux une grave violation des droits de l’homme et une grave ségrégation ethnique.

A part des opérations commandos à des fins de représailles, de dissuasion et surtout cette attaque du 8/02/1993, les massacres de Byumba et de Ruhengeri se sont faits tous sous la même forme : la population était invitée dans des simulacres de réunions pour être en fin de compte fusillés. Ces massacres vont attiser  le problème Hutu-Tutsi et créer le radicalisme des Hutus et la naissance de l’aire dure Hutu-power dans les partis. Tous les ingrédients d’une dérive civile étaient là, la mèche était bien imbibe de combustible, il manquait une étincelle. Comble de malheur, cette étincelle, encore une fois fut allumée par le FPR : l’assassinat de  Juvénal Habyarimana.

Apres la prise de Kigali : Un loup enfermé dans une bergerie 

Après l’assassinat de Juvénal HABYARIMANA, et la débandade des Forces gouvernementales sous les offensives musclées du FPR ce fut l’apocalypse. Tel un loup enfermé dans une bergerie, le FPR écuma les villages entiers dans des massacres organisés. Les populations hutues n’avaient plus de protection, elles vont alors être des victimes de tous les maux imputés au régime hutu. Le FPR furieux va laisser à qui veut de tuer qui il veut : C’est la vengeance, des Tutsis tués dans ce guerre interethnique. Sur les hécatombes tutsies de l’agonie du régime hutu s’ajoutent des hécatombes hutues pour asseoir un régime tutsi.  Mais le FPR sut bien organiser les massacres. Pour camoufler les massacres, le FPR  avait ainsi deux centres de crémation à Masaka et à Gabiro où l’on faisait disparaitre les cadavres qu’on ramassait partout dans le pays, en les brûlant ou en les enterrant dans des fosses communes avec de bulldozers Ougandais. Un ordre spécifique était donné : ne pas laisser aucun intellectuel hutu ! A côté des massacres organisés par l’hiérarchie militaire, il y avait des vengeances à titre personnel. Un exemple parmi tant d’autres est celui du General KARENZI KARAKE : il fit massacrer 120 personnes du secteur Kabare de sa  commune natale Buringa pour, disait-il, venger son frère Kayigi François mort à Kigali en avril 1994. 

Les exterminations massives se faisaient toujours sous deux plans. Le premier était des simulacres des réunions, ou l’on faisait la  sélection des gens à abattre  sur des listes préétablies par les cadres-propagandistes du FPR ou les rescapés Tutsi. Les massacres à grande échelle sont signalés partout dans le pays, mais signalons ceux de l’Ecole Saint André où plusieurs personnes ont été tuées. Des rumeurs disent que pour tromper les humanitaires qui avaient les informations de cette hécatombe de Saint André, le système FPR a fermé les yeux et a enterré ces corps des hutus dans le mémorial de Gisozi, personne ne peut plus se leurrer, quand il s’agit des intérêts du régime l’impossible devient facile! Signalons en passant que les assassinats de leaders politiques hutus tels que Gapyisi Emmanuel, Bucyana Martin, Gatabazi Félicien, Rwambuka, Ingabire Alphonse (Katumba), Joseph Mutombo sont commandites par le FPR par les brigades mobiles sous le commandement de KARENZI KARAKE. Que dire des massacres de KIBEHO en avril 1995 dirigés par l’actuel Général IBINGIRA. Ces massacres de Kibeho ont fait entre 8.000 à 10.000 morts. IBINGIRA fut  jugé le 19/12/1996, pour le cas. Mais le procès ne fut qu’un simulacre, et aucune sanction à son encontre ne fut jamais exécutée.

L’Assassinat de trois Evêques catholiques par l’APR à Gitarama le 3 juin 1994 ne fut autre qu’une confirmation de la dérive du bain de sang dans lequel se trouvait le pays. Il s’agit de: Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali; Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi et Président de la Conférence des Episcopales du Rwanda; Joseph Ruzindana, évêque de Byumba. Une simple déclaration par le Colonel Frank MUGAMBAGE disait que c’est par une triste erreur que les militaires du FPR ont tué ces évêques. Si c’était une erreur, car l’erreur est humaine, pourquoi  le Parlement du FPR a-t-il refusé l’inhumation de ces évêques dans la dignité ? 

L’alibi n’était pas en béton : les infiltrés de 1996-1998

Les années 1996-1998, sont aussi macabres que les précédentes. Les massacres eurent un regain de cruauté. Le FPR  se donna encore une fois plus  la triste besogne de tuer tous les intellectuels hutus qui revenaient des camps de l’ex-Zaïre en l’échappant bel. A cet élément suffisant pour qu’un tutsi soit éliminé s’ajoute les plans bien établis d’extermination massive des hutus par le truchement du phénomène des « infiltrés ». Les opérations de la guerre contre des « infiltrés » étaient sous le commandement de Faustin Kayumba Nyamawasa. Ce sanguinaire invétéré va transformation les préfectures de Ruhengeri et Gisenyi en un bain de sang. Rapellons que Kayumba était chargé, durant toute l’avancée du FPR,  de l’épuration ethnique. Il avait ainsi deux centres de crémation à Masaka et à Gabiro où l’on faisait disparaitre les cadavres qu’on ramassait partout dans le pays, comme ceux de Kibeho et ailleurs et des massacres de Kigali à la fin de 1998.

C’est dans ces opérations que beaucoup de familles périrent. Revisitons les hécatombes. A commencer par Rulindo, dans le petit Motel du nom de Pensez-y ou le FPR massacra une centaine de gens en 1998, qui regardait la Coupe du Monde. L’attaque fut en vain attribuée aux « infiltrés ». Le Ministre de l’intérieur d’alors, Sheikh Abdul Karim HARERIMANA afficha, à ses risques et périls, une nette position ; il pointa du doigt les soldats de l’APR. L’affaire fut classée sans aucune forme de procès ! Je voudrais porter un regard perticulier sur  l’extermination de la famille d’un simple catéchiste du nom de BYUMA et ses frères, dans la commune Kidaho,  secteur Rugarama dans les parages du marché du même nom et actuellement dans le District de Burera. C’était un samedi, le jour de ce marché qui attirait beaucoup d’Ougandais et même Congolais. Par un plan bien prémédité du truchement des « infiltrés », les militaires du FPR, créa une sorte de remue-ménage dans le marché.  Le premier groupe des soldats de l’APR qui créa ce cafouillage, se retira sous l’insigne des infiltrés en direction de la forêt de Muhabura.  La prétendue intervention vient un peu après et simule la poursuite sous une forme de combat avec des échanges de tirs. Le plan était déjà prêt. Il restait à savoir, quel est la bête noire qu’on voulait abattre. Dans cette soirée ce fut une horrible élimination de la famille de BYUMA et ses frères par le Lieutenant GASANA Aloys. L’alibi, qui cette fois-ci n’était pas en béton, fut que la famille aurait des enfants dans les rangs des infiltrés, et que cette famille est éliminée par les infiltrés mêmes ! Un méli-mélo que même un bambin de 5 ans ne peut avaler ! L’hécatombe fut un abattoir horrible, sauvage et barbare car même un bébé d’une semaine de sa belle-fille Uwizeye reçut sa balle dans la tête! Officiellement, avec cynisme et sans vergogne, le massacre fut attribué à ces prétendus infiltrés. Le lendemain, dans un discours très laconique, Rucagu Boniface, très décontenancé, donna conseil à la population de ne pas soutenir les infiltrés. Dans une formule traditionnelle, il parla aux populations aux regards hagards en ces mots : «  Je me lave les mains pour le sang de ceux qui ne veulent pas soutenir le nouveau maitre du pays, le FPR, si vous n’acceptez pas comme je l’ai fait, vous serez fusillés ». Après cette brève réunion, on obligea aux rescapés de ce massacre d’enterrer toutes ces  39 personnes dans une fosse commune! 

Cette zone de Kidaho se trouvait dans la région de commandement de Kayumba Nyamwasa. Dans ces opérations d’épurations ethniques, sous prétexte qu’il chassait les infiltrés, il va plonger tout le nord du pays dans un bain de sang. Et c’est sous son commandement que des  milliers de personnes fuyant ses bombardements et fusillades vont mourir  asphyxiés dans la grotte de Nyakimana où ils avaient trouve refuge!

Dans une interview accordée à la TV5, le 03/03/1998, Faustin Kayumba, Nyamwasa, répond sans détour, aux accusations qui, font de son armée une machine de répressions sanglantes: “Quand je parle de neutralisation, en fait, mon objectif est de les frapper sur le champ de bataille et de les tuer, pas les arrêter. Quand je vais en opérations, je n’y vais pas pour faire des arrestations. Je dis à mes soldats: vous devez parfaitement viser, vous devez tirer pour tuer, pas pour arrêter. Je suis en opérations, je ne fais pas un travail de police ici. Mais en même temps nous avons des prisonniers…”

Toutes ces hécatombes des hutus sont bel et bien connues, des rapports émanant de toutes sources de  l’ONU, des champions des droits de l’homme, des grands chercheurs, des hautes autorités du FPR qui ont défection aux simples témoignages des paysans sont trop nombreux pour ne pas accepter qu’elles eurent lieu. Les charniers dorment en silences en attendant qu’un jour une découverte fortuite les font sortir du silence, nourrissent les débats et ravivent les passions. Ces charniers des hutus attendent que les âmes naïves prennent des risques, souvent sans le savoir, de leur donner la sépulture digne d’un homme ; ce sera la prison comme pour le maire de Gakenke Epaphrodite, qui en 2008 va ré-inhumer les corps des hutus dans le mémorial tutsi ! Ou pour se disculper et par là-même dissiper toute velléité, le système du FRP lui-même  acceptera, la mort dans l’âme, de mettre ces corps des hutus dans le mémorial tutsi comme cela a été fait à Gitwe! 

Mais la seule panacée à ce spectre d’hécatombes des hutus serait l’acceptation  de l’histoire du pays nimbée bien sûr de cette rivalité atavique entre Hutus et Tutsis, une rivalité qui au lieu d’engendre un dynamisme de la société a plutôt engendré des confrontations fratricides dont on veut cacher, taire ou déchirer quelques pages et en exhiber quelques unes. Ainsi la poursuite et la traduction des criminels de tous bords devant les tribunaux permettraient à tous les parents et les proches des victimes des massacres interethniques du Rwanda de faire le deuil et d’honorer la mémoire des leurs. Alors seulement pourra être envisagée la réconciliation nationale dans la mesure où, sans distinction d’appartenance ethnique, tous les criminels auront répondu de leurs actes devant la justice

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