la dictature persiste et (Bliar) signe…

Ce n’est vraiment pas un scoop : c’est plutôt le contraire de ce que vient d’écrire Tony Blair sur le Rwanda de son ami Kagame qui aurait surpris. Le britannique n’a jamais caché toute l’admiration qu’il vouait et au système mis en place par le général Kagame et à l’homme lui-même. Il serait d’ailleurs grassement payé pour le déclamer à la face du monde. Ce que par contre l’on ignorait de celui que la presse italienne surnommait «Lo Scroccone» (« le Profiteur ») (Bliar pour ses compatriotes), c’est cette clause dans le contrat qui le lie à l’Afandie et qui le réduit au simple rang de perroquet. C’est en tout cas ce que révèle Stand with Rwanda, un article manifestement techniqué par quelque afande (nul doute là-dessus) et qu’endosse complaisamment le multimillionnaire ex-premier ministre de Sa majesté. La dictature de son ami a persisté dans ses mensonges et Blair signe ces derniers dans une tentative de débloquer l’aide suspendue l’année dernière. En trois temps, il se substitue à Louise Mushikiwabo (ministre rwandaise des affaires étrangères) et propose « sa » solution…

Tout d’abord, « cutting aid does nothing to address the underlying issues » nous dit cet avocat des causes perdues. Le fait de couper les vivres à son ami ne s’attaquerait pas aux problèmes sous-jacents, plaide-t-il. Mais pour qui prend-il les Africains ce négrier des temps modernes ? C’est quoi donc ces problèmes si ce n’est le prolongement inacceptable des pratiques mafieuses de la dictature afande à l’est du Congo ? Antony Blair et les vipères de sa race n’admettront jamais qu’une importante partie du problème restera de brader insidieusement les ressources (personnes et biens) du continent en se cachant derrière une dictature qu’ils ont créée à la faveur d’une invasion partie de l’Ouganda un jour d’octobre 1990. Va-t-il, sur le même registre, plaider pour la fin des sanctions contre Robert Mugabe ? Encore que ce dernier n’a jamais envahi aucun de ses voisins et que le pays du même Blair l’a humilié en piétinant des accords signés à Lancaster House avant l’indépendance de la Rhodésie du sud (Zimbabwe). Bref, sanctionner l’Afandie, même symboliquement comme c’est actuellement le cas, participe de la mise au pas d’un monstre, la dictature de Kigali. Elle ne peut plus tout se permettre.

Ayant plus de compassion qu’une mère envers son enfant, Blair assène : « cutting aid to Rwanda also risks undoing one of Africa’s great success stories ». Rwanda, la grande histoire de réussite africaine. Sans blague ! Ah, tiens, les chiffres sont là : « Rwanda has lifted 1 million people out of poverty, created 1 million new jobs ». Pourquoi monsieur le Britannique ne se contente-t-il que de ces histoires à dormir debout ? Voici pour lui et pour tous ceux qui avalent pareilles couleuvres, l’envers de ce décors : « mu mijyi harimo amazu meza y’imiturirwa ndetse tuzi gukubura imihanda neza cyane tugatera n’indabo z’amabara yose. Urahagera ukavuga uti aba bantu ni abanyesuku batangaje. Ariko iyo ugeze inyuma y’aho gatoya usanga hari abantu bashobora gukubitira abana kuryama cyangwa se ugasanga hari na ba bakene bageze ku rwego rwo kurwara amavunja. Koko ingona zirya bamwe abandi bakambuka ! Koko hari ibyiza bikeya nk’iyo miturirwa n’izo ndabo : ni iby’abantu bakeya. Gusa. Agatsiko gatoya cyane. Ariko Abanyarwanda benshi nibo abongabo barimo gusonza, barimo gukena, barimo kubura icyo kwambara, bananirwa kujyana abana babo mu mashuri… ». Signé Immaculée Uwizeye Kansiime, secrétaire-général d’un parti membre, avec le Front patriotique de l’ami Kagame, du forum des partis au Rwanda, le PS Imberakuri.

Même en face des vérités évidentes, l’avocat Blair n’en démord pas : « The M23 insurgency was initially formed to defend the Tutsi minority in eastern Congo ». Depuis quand les créatures du mouvement du 23 mars ont prétendu défendre la minorité tutsi ? Ceci s’appelle tout simplement mentir in broad daylight ! Ku manywa y’ihangu. Car la soldatesque de Sultani Makenga est constituée d’anciens compagnons de route du seigneur de guerre Laurent Nkundabatware qui ont refusé un « brassage » avec les FARDC (armée nationale de la RDC) qui les auraient éloignés de leurs fiefs, donc de leur source intarissable de revenus. Ils se sont ensuite mis réclamer l’accès de tous les maquisards aux grades équivalents à ceux d’autres officiers congolais. Enfin, ces militaires appréhendaient l’hypothétique extradition de leur petit patron Bosco Ntaganda (le grand trône, lui, à Kigali) qui venait d’être inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Qu’y aurait-il donc de défense de minorité dans ces revendications ? Nada. Juste le prétexte.

Le bons sens dans toute cette folie blairienne (umusazi arasara akagwa kw’ijambo, dit-on en kinyarwanda) : « The international community should support the three regional governments — DRC, Rwanda, and Uganda — in their efforts to build a sustainable solution to the conflict ». Depuis tout ce temps qu’ils ne chouchoutent que le seul (président) capable de dresser des chiens de guerre qui iront, sous mille prétextes, garder les carrières de mines au profit de leurs multinationales, c’est maintenant qu’ils veulent inclure le Congo dans leurs plans. Bien vu. Sauf que l’illuminé Blair le propose d’une manière très suspecte : « The international community should instead focus its support on African-led solutions to security, ideally through an African Union-led security force similar to AMISOM in Somalia ». Traduction : quelle que soit la solution, il faudra inclure l’armée d’afande Kagame, comme ça elle sera toujours là pour nos intérêts et, comme au Darfour, en Côte d’Ivoire, au Sud Soudan ou en Haïti, elle poursuivra le recyclage de ceux de ses officiers qui ont du sang en guise d’étoiles sur les épaulettes. C’est alors que nous pourrons mieux nier leurs forfaits car ils auront contribué à la paix. Même si celle-ci aura été synonyme de démembrement déguisé de la RDC.

Les Rwandais aiment s’étonner lorsqu’il leur est raconté l’histoire d’un ministre à qui on aurait fait signer (à son insu) sa propre démission, là c’est Tony Blair qui vient de se faire avoir en signant sa propre disqualification en tant que analyste de la situation du Rwanda ainsi qu’ami de ce dernier. Personne n’a dit ni souhaité l’asphyxie du Rwanda, mais soutenir ne serait-ce que la symbolique des actuelles sanctions équivaut à ne pas renouveler le licence to kill octroyé à Kagame depuis qu’il essaye de faire oublier le commandant Fred.

Cecil Kami

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