RWANDA: L’opposition intérieure donne sa feuille de route!

Bernard NTAGANDA et Victoire INGABIRE opposants au régime vivant au Rwanda

Par RUGEMINTWAZA Erasme.

Le tandem déjà fameux d’opposants au Gouvernement rwandais vivant dans la pays, Ingabire Victoire Umuhoza et Bernard Ntaganda, a profité de la célébration l’anniversaire de 59 ans d’Indépendance du Rwanda pour publier un document sous un nom un prétentieux de « Feuille de route ».  Un plan stratégique de trois ans plutôt qu’un plan de société dans ce paysage politique en mutation rapide. Nous avons fait une lecture pour vous. 

C’est paradoxal : les partis politiques ont normalement l’ambition de gouverner les Etats, mais ils sont souvent mal gouvernés eux-mêmes. Ils sortent très souvent de leur philosophie d’essence et se perdent dans crises internes souvent des rivalités individuelles, au lieu de continuer leurs projets de sociétés. Les partis politiques ne pourront se présenter convenablement aux nouvelles demandes de la société et aux changements démocratiques que s’ils ont la capacité de se tourner vers l’avenir et d’anticiper les évolutions. Ainsi certains partis dans le monde ont déjà dépassés leur centenaire, un âge difficile à atteindre même pour des entreprises privées. Dans le même temps les partis qui n’évoluent pas, dépérissent et finissent par disparaitre. Les partis politiques doivent donc s’adapter et se transformer pour répondre aux besoins des citoyens. L’émergence récente des mouvements de protestations menées par les citoyens dans toutes les régions du monde, on peut penser ici au « Printemps arabe », a mis les partis politiques au défi  de trouver de nouveaux moyens de représenter les populations sous peines d’être remplacés par les méthodes des participations démocratiques plus directes. De nouvelles technologies comme les medias sociaux, qui facilitent l’expression des opinions politiques des citoyens peuvent également poser problèmes aux partis politiques qui ne voient pas la nécessité d’adapter leur méthodes de travail et comprendre que le monde évolue vers des libertés plus extensives d’expression. Avec le Covid-19, il faut s’apprêter à de nouvelles formes de modes de vies qu’un parti politique devrait s’approprier.

Comment le FRP en tant que parti au pouvoir s’est-il conduit dans ces 27 ans ? Est-il toujours dans le droit chemin de ses idéaux ? Car à bien lire, «  La Feuille de route », est le bilan du FPR. Ainsi il semblerait que le FPR n’est plus  capable de répondre aux attentes du peuple et de se réinventer. C’est ce que le tandem Ingabire-Ntaganda a bien vu, soulève les défis qui sont inscrits dans les idéaux du FPR. 

«  La Feuille de route », brosse en gros l’Histoire du Rwanda de puis les années 50 qui semblent être, comme on le sait bien, la période la plus tumultueuse qui a divisé les rwandais. Depuis lors le peuple rwandais vit le spectre des violences dues tendances d’accéder et garder le pouvoir par tous les moyens. Il y a des dates fatidiques pour les rwandais : l’année 1959 la « Révolution sociale » rwandaise qui vu une partie de sa population, les Tutsi, s’exiler, et puis 1994 l’année de « Libération », qui provoqua l’exodes des Hutus paniqué par le retour de celui qu’ils avaient chassé 35 auparavant!

La guerre entreprise par FPR, dont les membres sont les fils ses princes Tutsi chassés du pays à la fin des années 50 a eu des impacts sur la vie du pays. A commencer par le changement du régime de la majorité hutue pour une minorité tutsie endeuillée par le génocide des Tutsi. Mais cette guerre a laissé sur des collines du Rwanda des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui sont tus, les rancœurs, le ressentiment, de crispation. Il est alors urgent de s’asseoir ensemble pour faire un nouveau dialogue inter-rwandais, comme celui de 1999 dans Le Village Urugwiro pour préparer ensemble un avenir promettant pour les générations futures du Rwanda. Le dialogue doit se pencher sur les points essentiels qui constituent la fondation de la nation, mais que le FPR a échoué car ils exigent la franchise. Ces problèmes sont  analysés dans les points suivants.

  • Le processus politique inclusif

Depuis la prise du pouvoir par le FPR, le système politique présente tous les signes d’un système à parti-Etat où  personne n’a le droit de critiquer son gouvernement ; celui qui le fait est taxé d’ennemis du pays. D’ici découlent des arrestations, de emprisonnement, des enlèvements, de disparitions et des assassinats. Pourtant bien gérées, les critiques de la politique peuvent constituer un ferment de la créativité des solutions aux problèmes que le pays rencontre. Kagame s’est évertué un jour de dire que le Rwanda a sa démocratie à elle, différente de celle enseignée par ceux qui ont créé  cette formule magique de gérer la cité. Ainsi on se demanderait la nature de la démocratie que le FPR chantait quand il a pris ales armes jusqu’à l’inscrire parmi les sacro-saints points 9 qui constituent son Manifeste de base ; construire un  Etat démocratique  est bien le point numéro 3.

La compétition politique n’existe pas car le FPR domine toutes les structures de l’Etat. A l’heure qu’il est, on connaît déjà  ceux qui seront élus comme membres des Comites exécutifs des districts. Les partis politiques sont phagocytés par une super structure appelée « Forum des partis » que  le FPR a mis sur pied pour bien contrôler les autres partis. La liberté d’expression, qui fait partie des droits fondamentaux de l’homme n’existe pas. Ainsi il faut un dialogue inter-rwandais et surtout discuter de la conception actuelle que le régime de Kigali  a de la démocratie.

  • La réconciliation nationale

Comme je l’ai dit, la société rwandaise est hantée par un démon de conflits interethniques, entre les Hutu et les Tutsi. Ainsi il faut créer une mémoire collective qui considère aussi bien le génocide contre Tutsi de 1994 que les massacres des Hutus dans les massacres dans les crimes de guerres ou crimes contre l’humanité. Ceci permettra de créer un mémoire de la nation. La commission nationale d’unité et  réconciliation se verra réformée, et si possible faire une amnistie pour les massacres des Hutus. En d’autres termes il importe de transformer le passé malheureux du rwanda en une histoire meilleure et inspirante en mettant en œuvre une forme d’amnistie pour tous les crimes commis au Rwanda. Pour qu’une telle amnistie soit possible, les rwandais doivent établir une compréhension commune de tous les crimes commis contre eux entre le début des années 1990 et les années 2000. Ainsi le point numéro que FPR a brandi dans son manifeste-slogn est battu en brèche, car partout le, problèmes Hutu-Tutsi est sensible. Le Hutu est écarté dans la gestion du pays et autres les occasions possibles.

  • Etats de droits et droits de l’homme

Il faut tout simplement voir comment les  la Revue Périodique des Droits de l’Homme de l’ONU, pour comprendre combien le Rwanda violes les droits de ses citoyens. Beaucoup de crimes sont commis par le régime du FPR pour faire taire toute voix dissidente. Toute voix dissidente est taxée et  d’ennemie du pays et vite envoyée ad patres. Au cours des dernières décennies, le Rwanda est reproché d’être responsable des violations des droits de l’homme de toutes sortes entraînant des préjugés parmi les Rwandais selon lesquels ceux qui s’opposent aux politiques ou aux actions mises en œuvre par le régime en place sont rapidement qualifiés d’ennemis de l’ État ; il y a le scepticisme entre les Rwandais vivant à l’étranger et à l’intérieur du pays, ainsi qu’entre l’opposition et le Gouvernement ; l’absence de culture du dialogue avec ceux qui ont des idées divergentes ; manque de respect des droits de l’homme ; l’absence de liberté d’expression ; l’absence de participation politique. Il est grand temps d’engager un débat constructif sur la manière dont le respect des droits humains fondamentaux et l’état de droit doivent être restaurés et rendre l’espace politique inclusif au Rwanda.  Car le régime du FPR, tend vers une dictature, les refugies ont peur de revenir au bercail pour participer a son. Ainsi le point qui a motive la création du FPR, à savoir la résolution définitive n’est plus intéressante

  • Développement durable et prospérité partagée

Le FPR  avait bien fait d’asseoir les grands programmes de développement du pays comme Vision 2020. Beaucoup de réalisations sont remarquables avec la Ville de Kigali qui brille d’hôtels et de propreté. Mais il y a eu beaucoup de manquements, le PIB par personne reste celui d’un revenu largement en bas alors que la cible était le revenu mayen elle surtout dans l’agriculture qui reste celle de subsistance ce qui fait que nous restons dépendants des pays voisins.  Il y a aussi les politiques de réformes agraires et la gestion des propriétés foncières qui ont été beaucoup décriées, par la population parce qu’elle n’a pas été consultée. Proposé entre le gouvernement et les voix dissidentes, auront été mises en œuvre, cela renforcera immédiatement l’image de marque du Rwanda en tant que meilleur endroit pour faire des affaires. En retour, cela permettra à davantage d’investissements de circuler dans le pays qui contribuera au développement durable au Rwanda. Ainsi le paysan n’est plus le centre d’intérêt de l’économie  nationale  est alimentée par les secteurs autres que l’agriculture.

Conclusion

« La feuille de route pour un avenir promettant » est plus un document d’évaluation du programme du FPR qu’un projet de société. Il retrace bien les défis du Rwanda et propose des solutions réellement pragmatiques. Son auteur le tandem Ingabire-Ntaganda, s’illustre ainsi comme réinventeur d’une société rwandaise où il fera bon de vivre. C’est cette aptitude agile que tout parti doit avoir. Nos deux héros demandent l’ouverture de l’espace politique, et de libérer les partis politiques qui sont sous l’emprise du FPR. Pour que la feuille de route proposée réussisse, il est nécessaire de mettre en place une commission – composée d’hommes politiques, de religieux et de membres de la société civile inclusifs – qui planifiera et mettra en œuvre de manière approfondie la feuille de route. Il faut aussi, une  commission qui pourra impliquer les Rwandais de l’intérieur et ceux vivant à l’étranger dans la mise en œuvre de la feuille de route.

La mise en œuvre d’un tel programme contribuera à transformer le passé malheureux du Rwanda en un avenir meilleur et inspirant ; planifier un avenir meilleur et inclusif pour la jeune génération de Rwandais ; susciter une unité et une réconciliation authentiques et durables entre les Rwandais ; garantir une sécurité durable pour le Rwanda ; parvenir à un développement durable au Rwanda ; positionner le Rwanda comme un pays incontestablement inventif et un modèle de réconciliation dans la région et sur le continent africain. Et si le FPR ne rectifie pas les tirs pour s’adapter aux évolutions de la société, les gens vont tout simplement le quitter pour embrasser des nouvelles formations qui leur donnent les libertés diverses. A bon entendeur salut!

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