RWANDA: Paul RUSESABAGINA écope de 25 ans de prison ferme!

L’opposant politique Paul Rusesabagina assiste à une audience au tribunal à Kigali, au Rwanda, le 26 février 2021. La Chambre spéciale chargée de juger les crimes internationaux et transnationaux au sein de la Haute Cour du Rwanda a décidé qu’elle était compétente pour le juger. © 2021 AP Photo/Muhizi Olivie

Par Erasme Rugemintwaza

Voici plus d’une année que Paul Rusesagabina, « enlevé » par le Gouvernement du Rwanda est en procès. Après ce procès dont les erreurs et errements  manifestes ont inquiété le monde entier, le verdict vient finalement de tomber : reconnu coupable de « terrorisme », il écope de  25 ans de prison ferme.

Ni l’accuse, ni ses avocats n’étaient présents à la lecture du verdict. Car depuis le mois de mars 2021, Paul Rusesabagina s’est  résolu à la défiance, soulevant à la Cour une exception de suspicion légitime impliquant qu’il n’allait plus y comparaître étant donné qu’il n’espérait pas jouir d’un procès équitable dans une juridiction manifestement partiale. Il dénonçait un procès purement « politique », rendu possible par son « enlèvement » ourdi par le gouvernement de Kigali.

L’affaire Paul Rusesabagina a inquiété le monde entier depuis son arrestation en août 2020, qui est d’ailleurs une violation des droits de l’homme la plus flagrante. Que ce soit l’Union Européenne, les Etats-Unis, la Belgique, sa famille, son avocat le Belge Vincent Lurquin, les Organisations internationales telles que HRW, la Fondation Lantos, tous ont, d’un moment à l’autre, montré que ce procès part d’un mauvais pied, qui ne garantit pas l’équité. Tout le monde dénonçait « un spectacle mis en place par le gouvernement rwandais pour faire taire un critique et refroidir toute dissidence future.»

Dans plusieurs interviews Paul Kagame, quant à lui répétait : «  Bien sûr, j’en appelle à un procès équitable de mon côté. Ce n’est pas le Royaume-Uni ou les Etats Unis, ou l’Union Européenne. Non, je souhaite voir un procès équitable aussi. Pourquoi? Oui, vous savez, c’est ainsi que les gens disent des choses insensées et finissent par être racistes. C’est comme si on disait, la seule façon d’être juste en Afrique ou au Rwanda, c’est que cela soit surveillé par l’Europe, les Etats-Unis, ou un autre pays. Non, pas du tout ».

Le 5 Septembre 2021, dans une conférence de presse Paul Kagame soulignait que Rusesabagina n’est pas poursuivi pour son film qui tient d’ailleurs de la fiction ni pour sa  célébrité du joueur de film, plutôt pour son rôle dans les actes terroristes que lui-même se vente d’avoir fait. Car si c’était pour son film, il serait appréhendé depuis très longtemps. « Il s’agit des vies des Rwandais perdues suite à ses actions et à cause de ses organisations [terroristes Ndlr] auxquelles il appartenait ou dirigeait », disait Kagame. Il conclut : «  Ceux qui font beaucoup de bruit pour son cas ne demandent même pas qui sont ses co-accusés. Ils pensent qu’il a une immunité. Et encore ces gens semblent signifier, celui-ci, quoi qu’il ait fait, ne le touche pas. Ces cris sont absolument rien, tout a été expliqué. Cet homme sera équitablement jugé par un tribunal »

Aujourd’hui, le 20 Septembre 2021, dans la Cour, sur sujet de Rusesabagina, co-accusé avec 20 autres personnes, la juge Béatrice Mukamurenzi  a déclaré : « Il a fondé une organisation terroriste, il a contribué financièrement à des activités terroristes.». La sentence est de 25 ans de prison ferme.

Toutefois, Paul Rusesabagina a droit d’interjeter l’appel.

1 COMMENT

  1. En réaction des agissements de Kagame contre Rusesabagina, son avocat peut, avec l’accord de son client, déposer plainte pénale devant un tribunal belge contre Kagame et Constantin Niyomwungere, évêque autoproclamé de Goshen Holy Church, une congrégation protestante qu’il a fondée de toutes pièces , pour enlèvement et séquestration de Rusesabagina Paul.
    Contre Kagame car non seulement il a avoué publiquement son méfait mais également l’avion qui a été utilisé pour kidnapper Rusesabagina appartient à Kagame.
    Contre Constantin Niyomwungere puisque outre sa nationalité belge, il a aussi participé directement à la commission de l’infraction. Il a reconnu son méfait devant des millions de Rwandais.
    Outre le kidnapping qui, en droit interne rwandais est constitutif d’un crime, Kagame a commis un second crime qui est le détournement de fonds publics. En effet, le Jet qui a transporté la victimes Rusesabagina est un bien personnel de Kagame. Il l’a acquis auprès d’une société américaine à 65 millions de dollars US volé dans les caisses de l’Etat Rwandais. Il l’a loué à l’Etat Rwandais, moyennant 15000 dollars US l’heure. Le montant des loyers a été viré sur un de ses comptes ouverts dans les paradis fiscaux.
    Il s’ensuit que Kagame doit être renvoyé à la barre devant un tribunal belge pour kidnapping de Rusesabagina Paul, citoyen belge, le tout ,même si pour la Belgique, au regard des agissements et d’inertie des autorités belges, les naturalisés belges sont des sous-citoyens. Il répondra également de ses méfaits devant les tribunaux rwandais. Les détournements massifs de plusieurs milliards de dollars US dans les caisses de l’Etat Rwandais ne resteront sûrement pas impunis.
    Les discours sont bons mais l’action c’est encore mieux. Le discours doit accompagner l’action. Une plainte contre Kagame qui, au surplus, a avoué publiquement ses méfaits, aura pour effet: mettre les juges et les autorités politiques belges devant leurs responsabilités. Si pour eux, Rusesabagina Paul est Belge à 100% comme les vrais belges et que leurs missions est entre autres d’assurer la sécurité de leurs concitoyens et conséquemment de les protéger contre les méfaits des tiers tel que notamment le kidnapping, le juge belge devra déclarer recevable cette plainte contre Kagame et Niyomwungere, faux pasteur, agent de renseignement rwandais. Kagame verra que s’il se croît grand et intouchable, il se verra que devant la loi, il est trop petit et ne pèse même pas un clou. C’est l’inertie de ses victimes pour des raisons incompréhensibles qui le renforce dans sa cruauté contre les Rwandais et sa folie de grandeur. Dire Kagame a fait ceci, cela, il est ceci, cela ne suffit pas. Il faut utiliser contre le bourreau et assassin sui generis dans les annales de l’histoire de l’Afrique moderne es instruments dont des Etats démocratiques dans lesquels vivent des milliers de membres de ses victimes ont mis en place pour garantir le respect des droits de leurs citoyens ou de toute personne résidant sur leurs territoires telles que les lois et les institutions judiciaires.
    Dans les Etats démocratiques, le coût de la plainte= 0 euros ou dollars US. Il suffit d’oser ou agir comme Kagame contre certains Hutu listés résidant dans ces Etats. Action contre action est plus efficace que les discours sur les réseaux sociaux ou les télévisions on line.

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