Rwanda: un témoin ambigu au procès de Paul Rusesabagina

Nouvelle audience mercredi 24 mars dans le procès de l’opposant rwandais Paul Rusesabagina, et nouvelle polémique. Le témoin présenté par l’accusation, Michelle Martin, une citoyenne américaine, a déclaré devant la cour qu’elle avait été employée par le gouvernement rwandais en 2012 pour du soutien académique. Les proches de l’opposant l’accusent d’être un agent du gouvernement rwandais et dénoncent une parodie de justice.

Michelle Martin a débuté son témoignage en se présentant comme une ancienne volontaire au sein de la fondation Hôtel Rwanda de Paul Rusesabagina. Devant les juges, elle a assuré avoir eu accès à des e-mails et des conversations qui prouvent que l’opposant évoluait au sein d’un réseau négationniste du génocide des Tutsi, et qu’il soutenait des rebelles dans le but de déstabiliser le gouvernement rwandais.

Mais à la fin de son audition, elle a révélé avoir été embauchée en 2012 par Kigali pour du soutien académique. Un peu plus tôt, la fille de Paul Rusesabagina avait publié sur Twitter un document attestant que le témoin s’était enregistré comme représentante d’un gouvernement étranger auprès des autorités américaines en 2013.

Ce document public, disponible sur le site du département de la justice américaine, comprend un contrat stipulant effectivement que Michelle Martin serait payée 5 000 dollars par mois pendant un an entre 2012 et 2013 par le gouvernement rwandais pour des services de consultance et de recherches au sujet de la diaspora rwandaise.PUBLICITÉ

« C’est un agent payé par Kigali. Dès le départ, elle n’était pas indépendante » dénonce Carine Kanimba, la fille de Paul Rusesabagina.

Paul Rusesabagina, lui, n’était pas présent lors de cette audience. Lors de sa dernière comparution, il avait annoncé qu’il ne se présenterait plus devant les juges, estimant que son « droit à un procès équitable n’était pas respecté ». Mercredi 24 mars, la cour a décidé que le procès continuerait sans lui, mais qu’il était libre de revenir à tout moment. 

Source: Laure Broulard, RFI-Kigali

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