Décision imminente de la Haute Cour de Kigali sur la réhabilitation de Me Ntaganda Bernard

Me Bernard Ntaganda

Le 4 mars 2019, Me Ntaganda Bernard, fondateur du Parti Social Imberakuri, a introduit une demande de réhabilitation devant la Haute Cour de Kigali. Cette demande faisait suite à sa condamnation par la Cour Suprême au cours d’un procès qualifié de simulacre, où il a été accusé de divers crimes prétendument fabriqués par le parquet pour l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle de 2010.

Face à l’inertie apparente de la Haute Cour de Kigali, Me Ntaganda a réitéré sa requête le 26 février 2024, exigeant que la cour statue rapidement sur son cas. La Haute Cour a finalement répondu, lui indiquant par un bref message téléphonique qu’une décision serait rendue le vendredi 10 mai 2024 à 9 heures du matin, soit juste vingt jours avant la date limite pour le dépôt des listes de parrainage pour les candidats indépendants à la prochaine présidentielle.

Cette lenteur de traitement par la Haute Cour est perçue par beaucoup comme un signe préoccupant, d’autant plus que le délai laissé à Me Ntaganda pour rassembler les signatures nécessaires est extrêmement court. Cette situation soulève des questions sur l’indépendance de la justice rwandaise, souvent critiquée pour son manque de fermeté et sa susceptibilité aux pressions du parti au pouvoir, le FPR.

Le Parti Social Imberakuri a mis en cause le président rwandais, Paul Kagame, l’appelant à prendre ses responsabilités pour permettre une compétition équitable à la présidentielle du 15 juillet 2024. Le parti a également exhorté les pays soutenant le Rwanda, comme la France, les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux, à persuader les autorités rwandaises de garantir une élection ouverte à l’opposition légitime.

L’exclusion de l’opposition de cette élection serait, selon le Parti Social Imberakuri, un psychodrame politique duquel le parti FPR pourrait ne jamais se remettre. Cet événement pourrait marquer un tournant crucial pour la démocratie au Rwanda.

Le récit de Me Ntaganda Bernard et la réaction de la Haute Cour de Kigali sont des indicateurs clés du climat politique actuel au Rwanda, où la justice semble être une arène de lutte pour la légitimité et l’intégrité. Alors que la date de l’élection présidentielle approche, les yeux sont rivés sur la Haute Cour pour voir si elle agira comme un véritable arbitre de justice ou comme un instrument du pouvoir en place.