PASSIONS LIVRES… “DO NOT DISTURB”, DE MICHELA WRONG

Par Boniface Musavuli

C’est un ouvrage déroutant. 

Il amène le lecteur dans les confidences de la journaliste britannique Michela Wong et du chef des services de renseignement rwandais Patrick Karegeya. Michela Wrong parle de Karegeya six ans après la mort de celui-ci, victime d’un assassinat, en Afrique du Sud, qui va exposer au fil du lecteur, la nature implacable du régime  rwandais de Paul Kagame. 

On découvre l’homme qui fut sauvé au combat par son compère Kayumba Nyamwasa;  le parrain de famille qui mettait sur ses genoux les enfants de Patrick Karegeya, et qui les accompagnait remettre des gerbes de fleurs au président américain Bill Clinton en visite au Rwanda. 

Ce Karegeya dont le corps se retrouve dans une chambre d’un hôtel de Johanesbourg, en pleine coupe du monde, mais qui, en coulisse, aura régné sur les services de sécurité rwandais pendant les années des guerres du Congo, et qui va même patronné le fameux “Bureau Congo””. 

Il était là, mort sur son lit de l’hôtel, mais après avoir fourni de précieuses informations qui se lisent aux file de ce livre. 

L’auteure met en garde contre les applications WhatsApp et skype dont elle estime qu’elles sont suivie par les services secrets rwandais, israéliens et britanniques. Il explique comment Kagame est devenu une icône planétaire avec l’appui des bailleurs de fonds occidentaux et qu’il est difficile de remettre en question l’histoire officielle du génocide rwandais.  

Il y a toutefois des failles dans l’histoire officielle qui colle à l’icône de Kagame. L’auteure revient assez longuement sur les batailles entre l’armée rwandaise et l’armée ougandaise à Kisangani et la blessure d’un journaliste européen. C’est parmi les failles sur l’icône de Kagame qu’on lit dans le livre. Kagame est un homme habitué à frapper, de ses propres mains, ses collaborateurs, y compris ses généraux de grande renommée comme James Kabarebe. Kagame les frappe tous, de ses propres mains.

Un ancien chef du cercle intime de Kagame, actuellement en exil, avoue dans le livre qu’au moment où Kagame le frappait et le piétinait, il avait une arme sur lui. Il dit qu’il se demande toujours si Kagame était vraiment conscient de ce qu’il faisait en frappant un homme qui avait une arme sur lui. Kayumba fait aussi des confidences qui amène le lecteur à se demander si le mythe de la toute puissance du régime rwandais de Paul Kagame repose vraiment sur de bases solides, au delà de la personne de Paul Kagame.

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