Une inquiétude croissante s’installe à Kigali, alimentée par une série de rumeurs persistantes concernant de jeunes femmes rwandaises qui auraient été recrutées sous prétexte d’emplois dans les missions de maintien de la paix, pour ensuite disparaître sans laisser de trace.
Selon plusieurs sources locales, plusieurs familles affirment que leurs filles ont été approchées avec la promesse de postes bien rémunérés dans la logistique ou la cuisine, prétendument pour soutenir une mission de paix rwandaise au Soudan. Pourtant, depuis leur départ, ces jeunes femmes n’ont plus donné de nouvelles depuis plusieurs mois.
Une famille, en particulier, a déposé une plainte officielle auprès du Rwanda Investigation Bureau (RIB), accusant une femme d’avoir recruté leur fille sous de faux prétextes, et craignant aujourd’hui qu’il s’agisse en réalité d’un cas de trafic humain ou d’enrôlement forcé. Interrogée, l’armée a nié employer ou avoir déployé la jeune femme concernée.
Ce qui a choqué davantage l’opinion publique, c’est la disparition soudaine d’un article publié le 29 octobre par KT Press, qui avait initialement relayé les inquiétudes de la famille et confirmé l’ouverture d’une enquête par les autorités. L’article a été supprimé du site web de manière inexpliquée, moins de 48 heures après sa publication.
Cette suppression a renforcé les soupçons : le gouvernement rwandais chercherait à étouffer toute information pouvant établir un lien entre ses opérations et les activités rebelles du M23 en République démocratique du Congo (RDC).
D’après certaines rumeurs, ces femmes n’auraient jamais été envoyées au Soudan, mais plutôt recrutées de force pour soutenir ou rejoindre les rangs du M23 en RDC, groupe armé accusé de graves violations des droits humains. Ces soupçons se sont intensifiés après que d’autres familles ont également rapporté la disparition de jeunes hommes, eux aussi censés participer à des activités “liées à l’armée”, sans jamais revenir. Certains redoutent qu’ils aient également été envoyés clandestinement en RDC.
Les observateurs notent que cette multiplication des disparitions, combinée à la suppression de la couverture médiatique locale, rappelle étrangement des épisodes passés où le Rwanda avait été accusé de soutenir secrètement des groupes rebelles dans la région des accusations que Kigali continue de nier malgré les preuves internationales croissantes.
Si ces recrutements ou disparitions sont confirmés, cela représenterait une violation grave du droit international, mais aussi une trahison envers les citoyens rwandais eux-mêmes, utilisés à des fins opaques, au mépris de leur sécurité et de leur dignité.
The Rwandan continuera à enquêter sur ces faits et à informer sur la vérité derrière ces disparitions et ce silence organisé.

























































