Concours Miss Rwanda : corruption ; ethnisme ; népotisme et autres bassesses pitoyables occultées par le régime du FPR

Par Ben Barugahare

Introduction

L’organisation Miss Rwanda lance chaque année le célèbre concours de beauté au Rwanda et couronne la gagnante en tant que Miss Rwanda. Cet événement culturel n’est pas une pratique unique au Rwanda étant donné qu’il se produit dans le monde entier.Vu de l’extérieur comme un événement innocent, il fera sensation après la désignation de miss Rwanda 2022, Nshuti Muheto Divine qui aurait refusé les avances au PDG de l’organisation alors qu’elle les lui avait promises et qui fille d’un colonel de police, serait une agente infiltrée pour dénicher ce coordinateur sexuellement dépravé. Le témoignage ci-après révèle suffisamment ce que de nombreuses filles avaient terriblement gardé secret. Akaliza a déclaré qu’il lui avait fallu trop de temps pour dire quelque chose sur ce qui se passait dans les coulisses car elle ne disposait pas de faits probants pour appuyer ce qu’elle voulait dénoncer. Amanda Akaliza, la première finaliste de Miss Rwanda 2021 a déclaré que le moment était venu pour elle de s’exprimer sur le calvaire que les jeunes filles, y compris elle, subissent dans l’organisation Miss Rwanda. La déclaration d’Akaliza est intervenue quelques heures seulement après l’arrestation de l’organisateur du concours Dieudonné Ishimwe,  alias’Prince Kid’ PDG de Rwanda Inspiration Backup, qui organise le concours de beauté annuel. Ishimwe est maintenant détenu à la station RIB de Remera, soupçonné d’abus sexuels envers les candidates de Miss Rwanda alors que l’enquête se poursuit. Dans l’entretemps, de nombreux anciennes candidates ont exprimé les pièges qui leur étaient tendus au moyen desquels Prince Kid les a harcelés sexuellement jusqu’à engrosser certaines d’entre elles et celles qui ont refusé ont été automatiquement éliminées de la compétition.

Pire, l’une de ces anciennes candidates dénommée Mutesi Jolly a non seulement été victime de ce PDG mais semble être aussi son complice du fait qu’après avoir décroché la couronne, elle a été recrutée parmi les évaluateurs et ce pour l’aider à convaincre les candidats de consentir à des avances sexuelles. Quelles sont les bévues réellement commises dans l’élection de Miss Rwanda ? Le PDG n’est-il pas victime d’un complot ourdi par des concurrents qui veulent monopoliser ce juteux marché comme c’est souvent le cas dans notre pays.

Faits

Le Bureau d’enquête rwandais (RIB) accuse Dieudonné Ishimwe alias Prince Kid, le propriétaire de Miss Rwanda, de trois charges à savoir le viol, le harcèlement sexuel et la sollicitation de faveurs sexuelles de la part des candidates.

Le porte-parole du RIB, le Dr Thierry Murangira, a déclaré dans une interview exclusive que le dossier d’accusation du suspect avait été soumise au parquet, le 4 mai 2022. Il a déclaré que l’enquête préliminaire avait identifié trois crimes ; le viol passible d’une peine d’emprisonnement de 10 à 15 ans, la sollicitation ou l’exercice d’une activité sexuelle passible d’une peine d’emprisonnement de 5 à 7 ans et le harcèlement sexuel passible d’une peine d’emprisonnement de 1 à 2 ans. « Il est soupçonné d’avoir fait cela à plusieurs reprises à certaines des candidates de Miss Rwanda », a déclaré le Dr Murangira. Ishimwe a été arrêté le 25 avril 2022, mettant fin à un tollé public de dix ans qui réclamait une enquête sur les accusations de harcèlement sexuel signalées dans le cadre de l’activité annuelle du concours de beauté. Le Dr Murangira a révélé que RIB avait ouvert une enquête sur les accusations de concours de Miss Rwanda il y a deux ans. «RIB est autorisé par la loi à ouvrir une enquête de sa propre initiative ou sur plainte. RIB a ouvert une enquête sur le concours Miss Rwanda depuis 2019 », a-t-il déclaré. Il y a quelques exemples qui ont poussé RIB à continuer à suivre l’événement Miss Rwanda. Par exemple, en février 2019, il y avait un article dans un tabloïd local affirmant qu’une candidate avait offert des faveurs sexuelles pour lui garantir la couronne. En 2020 également, une télévision en ligne a diffusé un article selon lequel Miss Rwanda était caractérisée par des épisodes de harcèlement sexuel. En mars 2021, une chaîne Youtube a publié une autre histoire intitulée « Ruswa muri Miss Rwanda (corruption à Miss Rwanda) ». « Tout cela a été pris en considération par RIB pour continuer à enquêter sur l’événement Miss Rwanda jusqu’en 2022, date à laquelle Ishimwe Dieudonné, le directeur de Rwanda Inspiration Backup, a été arrêté », a déclaré le porte-parole de RIB. Il est évident que RIB a interrogé diverses personnes qui ont été jugées utiles à l’enquête et à ce jour, l’enquête est toujours en cours. RIB encourage d’autres personnes qui sont prêtes à aider dans cette enquête à se manifester, mais encourage également d’autres victimes qui ont été abusées d’une manière ou d’une autre à se rendre à RIB pour obtenir de l’aide. « Le harcèlement sexuel ne prendra jamais fin s’il y a des gens qui se cachent ou qui ont peur de raconter leurs histoires. Nous leur demandons d’approcher ouvertement RIB », a déclaré le Dr Murangira. Tout au plus, RIB demande aux victimes qui pourraient avoir été abusées sexuellement et qui ont craint de garder le silence, d’avoir du courage et d’approcher RIB pour porter plainte car ces crimes ne prendront pas fin si les auteurs restent impunis. RIB avertit les utilisateurs de médias sociaux d’utiliser ces plateformes de manière éthique et d’arrêter d’intimider les victimes de harcèlement sexuel pour avoir déposé leurs plaintes, que signaler la violence/les abus devrait être un acte de louange et non un acte de honte. La cyberintimidation ne constitue pas seulement une faute mais c’est aussi un crime car elle entrave l’enquête et reste punie par la loi, a déclaré RIB dans un communiqué. L’appel est intervenu après une frénésie sur les réseaux sociaux à la suite d’une révélation sur le harcèlement sexuel par l’une des candidates.

Analyse

Critères largement enfreints

Pour élire la gagnante du concours Miss Rwanda, l’équipe d’organisation fonde son évaluation sur la beauté, les aptitudes intellectuelles et les valeurs culturelles.

1) Beauté

De gustibus et coloribus non est disputandum signifie littéralement que des gouts et des couleurs l’on ne  discute point » pour insinuer que la beauté est relative et qu’elle se trouve plutôt dans le regard de l’évaluateur selon les spécialistes de l’esthétique. Cette affirmation semble logique étant donné que la plupart du temps, le choix adopté par les électeurs de la miss Rwanda est diamétralement opposé à l’opinion du public qui approuve les candidatures féminines. D’ailleurs, il est arrivé une fois que deux filles d’une même famille juste dont le père était directeur au ministère des sports et de la culture aient été successivement élues miss comme si c’était un pur hasard.

 2) L’intelligence

Les candidates sont soumises à une série de questions de connaissance générale qui nécessitent une solide formation de base dans divers domaines intellectuels. Deux lacunes ont souvent trahi la mise en œuvre de ce critère. Quand les résultats de l’examen national coiffant le cycle du secondaire ont été publiés, elle a été classée parmi les lauréats les plus médiocres qui ne sont pas éligibles à l’université. Cela implique qu’elle est vraiment faible intellectuellement, mais elle avait déjà reçu les questions qui allaient être et les réponses y relatives. D’autre part, même si la constitution du Rwanda de 2003 telle que révisée en 2015 dans son article reconnaît trois langues où précisément on lit :la langue nationale est l’Ikinyarwanda ;les langues officielles sont l’ikinyarwanda, l’anglais et le français ;une loi organique peut ajouter ou supprimer une langue officielle, l’anglais était privilégié par rapport au français dans les questions intellectuelles, ce qui impliquait une tendance à favoriser les personnes venues d’Ouganda au détriment des autres citoyennes.

3)Valeurs culturelles

En général les enfants qui ont évolué dans les milieux aisés et surtout en ville ne maîtrisent pas la langue ni les valeurs culturelles qu’elle comporte ; au lieu de cela, les enfants venant de la campagne sont qualifiés dans ce domaine. Ainsi, venir des zones urbaines et maîtriser simultanément les valeurs traditionnelles est un phénomène rare et cela suppose aussi que la personne ait été dictée des questions et des réponses avant de passer le test.

Tribalisme

Lors de l’événement Miss Rwanda de 2019 remporté par Nimwiza Meghan, une fille de la province de l’Ouest nommée Mwiseneza Josiane a reçu de nombreuses approbations, en particulier de la diaspora, et il a été répandu qu’elle était Hutu. Les Tutsis l’ont combattue vigoureusement alléguant qu’ils ne peuvent pas accepter une mademoiselle qui vient d’une ethnie qui a commis un génocide comme si tous les Hutus avaient commis ce crime horrible. D’ailleurs, certains extrémistes auraient décelé que Miss Liliane Irankunda et Miss Doriane Kundwa seraient hybrides, ce qui les aurait vexés.

Cette bassesse regrettable généralement et silencieusement ancrée dans le cœur des Rwandais venait d’éclater au grand jour juste pour une simple couronne de miss. Où allons-nous enfin ?

Corruption et népotisme

Si vous trouvez un chien perché dans un arbre, sachez que c’est quelqu’un qui l’a mis là car cet animal ne sait pas grimper. Fille de colonel ; fille de directeur ; parents venus de…. Au Rwanda, nous sommes habitués au fait que tout service est toujours acheté et les Rwandais sont si perspicaces qu’ils soudoient même les organisations internationales chargées d’évaluer la corruption.

La raison pour laquelle les gens se demandaient si ce concours de miss était épargné de cette bassesse et cette arrestation vient de nous apporter la réponse tant attendue.

Conclusion

Marchés publics ; promotion dans l’armée et la police ; recrutement de personnel dans la fonction publique; couverture des évasions fiscales en faveur de certains commerçants ; nomination à des postes de haut rang ; élections des maires, députés, sénateurs, tout est préparé d’avance par la concussion, trafic d’influence le népotisme, le favoritisme dans la mesure où la corruption est devenue pour le régime de Kigali une pratique ordinaire à laquelle les Rwandais sont déjà habitués. Il est grand temps de l’éradiquer dans tous les secteurs car épée à double tranchant, elle risque de les compromettre aux yeux de la communauté internationale qu’ils ont souvent leurrée par les apparences.

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