Malgré la pression sur le Rwanda, la guerre continue au nord Kivu

Des combats entre l’armée régulière de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du mouvement M-23 se poursuivent dans l’est du pays, les offensives succédant aux contre-offensives sans qu’une partie prenne définitivement le dessus, a-t-on appris de diverses sources jeudi.

Mercredi, les forces de la RDC (FARDC), avec l’aide de blindés et d’hélicoptères d’attaque, ont repris plusieurs villages au nord de Kibumba et Rugari d’où elles avaient été chassées lors d’une offensive du M23 la veille, a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’armée, le colonel Léon-Richard Kasongo.

Les troupes régulières ont repris du terrain et se sont emparées d’un camp d’entrainement du M-23, a-t-il dit. Une “réorganisation” des troupes a eu lieu, a-t-il ajouté, et leur comportement comme leur moral sont “excellents”.

Jeudi matin, selon un photographe de l’AFP, les troupes gouvernementales étaient remontées encore plus au nord jusqu’à Rumangabo avec des blindés appuyés par des hélicoptères d’attaque. Les combats semblaient alors se concentrer autour d’un camp militaire implanté aux abords de ce village situé à une dizaine de kilomètres au Nord de Kibumba.

Le porte-parole du M23, interrogé par l’AFP au téléphone, a annoncé qu’au contraire, Rumangabo avait été repris jeudi en début d’après midi. Selon le colonel Vianey Kazarama, aucun membre du M-23 n’a été tué ni blessé au cours des combats de ces derniers jours. Il a affirmé que ses hommes avaient fait 32 tués et plusieurs blessés dans les rangs des FARDC.

Le responsable rebelle a accusé les troupes régulières de bombarder les habitations sans discrimination. “Il y a beaucoup de blessés et beaucoup de morts”, a-t-il dit sans pouvoir donner de bilan.

Le porte-parole du M-23 a accusé les Nations unies, qui étaient intervenus mardi pour dissuader les rebelles d’avancer vers le sud et mettre en danger les populations locales, d’avoir lors de cette opération tué 9 personnes et d’en avoir blessé 26. Plusieurs maisons auraient été détruites, selon lui.

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire mercredi la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Congo (Monusco) avait affirmé n’avoir fait mardi que des “démonstrations de force” avec les tirs de ses hélicoptères.

Des renforts à la mutinerie, en hommes et en munitions, seraient venus de l’Ouganda, le 26 juillet. Des sources concordantes ne cessent de faire état de la présence des soldats ougandais aux cotés des rebelles du M23. Des hommes lourdement armés seraient venus, jeudi, de l’Ouganda en renfort à la mutinerie dirigée par le colonel Makenga et auraient pris la destination de Rumangabo et Rugari où des combats ont été signalés le soir.

Par ailleurs, le chef de la localité de Rumangabo (50 km au Nord de Goma), notable Manisimwa est porté disparu depuis le début de la semaine. Selon des sources concordantes du groupement de Rugari, ce notable avait été invité dans une réunion convoquée par les responsables du M23 où il se serait opposé à l’option de recrutement des jeunes gens de sa localité au sein de ce mouvement rebelle.

Selon les mêmes sources, le notable Manisimwa aurait été torturé à mort par les rebelles du M23. Une nouvelle qui n’est pas confirmée par les autorités administratives de Rutshuru.

Les Pays-Bas ont suspendu 5 millions d’Euros de leur aide au Rwanda, la Grande Bretagne a aussi gelé 16 millions de livres sterling de son aide au développement alors que les Etas-Unis ont gelé une aide militaire de 200.000 dollars. Le Rwanda est accusé par les nations unies de soutenir la rébellion du M23.

La chine suit de près la situation au Congo

Avec seize observateurs militaires, 218 militaires chinois formant deux unités au sein de la MONUSCO, 23 instructeurs militaires chinois en partenariat avec les FARDC…Tels sont les signes d’inlassables efforts fournis par la Chine, pour contribuer à la reconstruction des FARDC et au maintien de la paix et de la stabilité en RD Congo. C’est ce qu’a déclaré, ce jeudi 26 juillet 2012, le Colonel Supérieur JI Mingzhou, attaché de Défense près l’Ambassade de Chine à Kinshasa. C’était en marge de la Fête de l’Armée Chinoise, l’APL, qui célèbre cette année ses 85 ans d’existence. La Chine, a souligné le Colonel Supérieur JI Mingzhou, préconise de régler de façon pacifique des différends internationaux et encourage le dialogue et la coopération sur le plan de la sécurité des différents pays et s’opposera à l’élargissement de l’alliance militaire, à toute forme d’agression et à l’expansionnisme.

Kabila à Luanda

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a quitté Luanda jeudi après une brève visite pour rencontrer son homologue angolais, José Eduardo dos Santos sur les relations bilatérales et les derniers développements en RD Congo.

La réunion à huis clos entre les deux présidents était centrée sur la situation en République démocratique du Congo, (Joseph Kabila et Edouardo Dos Santos ont eu à échanger sur les activités menées par le M23 avec le soutien du Rwanda. Car, ce qui tentait de passer au début pour une simple rébellion ou une mutinerie a tout l’air, aujourd’hui d’une guerre visant la déstabilisation de la RDC sur fond de balkanisation) et d’autres questions d’intérêt bilatéral, a déclaré l’agence de presse officielle angolaise Angop.

Joseph Kabila est arrivé à Luanda, ce jeudi matin pour une visite de quelques heures en Angola. L’Angola et la RD Congo sont membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe, qui est actuellement présidée par le président Eduardo dos Santos. Les forces armées de pays de la SADC ont soutenu le gouvernement congolais pendant la deuxième guerre du Congo contre les armées rwandaises, ougandaises et burundaises. Quoi de plus normal que Kabila sollicite la solidarité des autres membres à l’égard de la RDC, agressée.

La rédaction

 

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