Rwanda : les restrictions inhumaines liées au Covid-19 face à la population qui en a marre

Par The Rwandan Analyst

Depuis 2020 dans le cadre de la propagation du covid-19 dans le monde en général et au Rwanda en particulier, le gouvernement rwandais a pris des mesures pour freiner cette pandémie entre autres portant un masque, rentrant chez lui avant un temps mort ; distanciation sociale ; lavage des mains, interdiction des déplacements entre les districts ; l’interdiction des bars et des restaurants. Ces mesures qui ouvertement n’ont produit aucun résultat tangible ont déclenché la colère de la population qui souffre de la faim en raison de politiques impopulaires. Dans ce contexte social, dans le secteur Kimisagara, cellule Muhoza quartier Nyarugenge, un policier a été brutalisé et un pick-up de police a essuyé des jets de pierres par des habitants en colère. Qu’est-ce qui soulève la population urbaine contre les agents de sécurité? Qu’est-ce qui sous-tend ce mécontentement collectif vis-à-vis du régime en place? Les lignes suivantes traitent succinctement de ces questions.

Le 08 juillet 2021, un pick-up de la police nationale rwandaise transportait des policiers qui effectuaient une patrouille dans les environs du marché de Kimisagara. Au hasard, ils ont détecté qu’une femme qui s’habillait d’un essuie-main semblant sortir du bain ne portait pas de masque. Le pick-up s’est arrêté et les policiers ont commencé à lui demander pourquoi elle ne portait pas de masque comme les autres voisins. En quelques minutes, une foule s’est rassemblée là étonnamment regardant la femme qui se battait contre la police qui voulait l’arrêter et l’amener pour une détention de 24 heures au stade de Nyamirambo, sanction à laquelle devraient s’ajouter 15000 francs rwandais d’amende.

«Je n’ai pas les 15000 frw; mes enfants meurent de faim à cause de vous. Tuez-moi hic et nunc au lieu de perdre du temps. Je n’irai nulle part,» se plaignait la dame. Ensuite, certains jeunes garçons ont commencé à lancer les pierres sur le véhicule de la police et pendant ce temps d’autres frappaient un policier qui a osé s’éloigner du pick-up.

En général, la foule semblait lasse des mesures prises par le gouvernement rwandais qui visiblement ne servent à rien mais au contraire ont causé d’énormes pertes pour les citadins faisant de petites affaires et les employés du secteur privé où les employeurs ont été contraints de revoir leurs contrats soit en abaissant les salaires, soit en les suspendant simplement étant donné que les revenus ont diminué.

Avec des politiques inappropriées, le régime rwandais s’attire quotidiennement des ennemis ; c’est ainsi que naissent les révolutionnaires.

L’occasion fait le larron

Ce dicton français reflète bien la situation au Rwanda : se cachant derrière le covid-19, l’Etat rwandais a pris des mesures impopulaires comme s’il expérimentait sa dictature à laquelle la population s’était déjà résignée. Cependant, comme le dit un dicton français, ventre affamé n’a pas d’oreilles ; la population qui redoute de mourir de faim ne se pliera plus aux ordres tyranniques qui lui sont imposés pour couvrir les intérêts mesquins des dignitaires du régime.

Concrètement, en limitant l’accès aux banques, les sbires du FPR du régime accèdent à tous les comptes bancaires des personnes nanties qui ne sont pas partisans du FPR, retirent tout leur argent et vont faire affaire avec. Lorsque le titulaire du compte s’enquiert auprès du gérant, ce dernier lui oppose que les hautes autorités leur ont ordonné de bloquer les comptes où sont déposées des sommes importantes pour empêcher la fuite des capitaux. Lorsque le requérant menace d’aller en justice, il lui révèle le numéro à appeler pour se rétablir dans ses droits.

Lorsqu’il ose composer le numéro, c’est le siège du FPR qui décroche le téléphone et il est invité à se rendre au siège du parti à Rusororo. Les politiciens qui y travaillent commencent à le sensibiliser à rejoindre le FPR et à payer des contributions financières lui promettant de lui accorder des marchés publics affriolants.

Par ailleurs, il est invité à intégrer les gens du régime dans ses affaires. Quand il ne réagit pas favorablement, on lui laisse le temps d’y réfléchir et on lui donne une autorisation d’accès au compte avec un montant limité à ne pas dépasser.

Soulèvements en vue

Tout récemment, nous avons vu des foules de la population urbaine retourner dans leurs régions d’origine lorsque l’État a décidé d’interdire les déplacements entre les quartiers. Ces rassemblements contredisaient automatiquement les mesures de distanciation et donc les gens se transmettaient la maladie entre eux à force de s’approcher et de se bousculer. Les autorités et les forces de police étaient débordées et n’ont rien pu faire pour les empêcher de partir car elles savent très bien que ces mesures n’augurent rien de bon en termes d’approvisionnement alimentaire.

Cet incident de Kimisagara prédit qu’avec le temps, en les affamant et en leur imposant des mesures mortifères la population rwandaise osera attaquer de front le régime avec des manifestations sans se soucier des représailles car les souffrances qui leur sont imposées ne valent plus la peine de se taire et dépassent la peur de la mort.

Toute révolte populaire est le résultat de mesures humainement inapplicables ; on le sait avec la révolution française, américaine, rwandaise, etc. En voulant jouer de force le jeu de la prévention ostentatoire du covid-19 qui jusqu’à présent n’a produit aucun retour car les chiffres de contamination ne font qu’augmenter inexorablement, le régime rwandais s’attire des ennemis parmi ses adeptes même à force de famine. Qui survivra verra.

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