RWANDA-MOZAMBIQUE : KAGAME sème la terreur parmi les réfugiés!

Revocat Karemangingo

Par Erasme Rugemintwaza

La communauté rwandaise au Mozambique est en deuil, elle est plus qu’effrayée par le meurtre de Révocat Karemangingo, par les hommes de Kagame. La présence des militaires rwandais au Mozambique a toujours intrigué beaucoup des personnes: c’est un loup  qui est entré dans une bergerie !

Par la voix de son président  Cléophas Habiyaremye, l’Association des réfugiés rwandais au Mozambique, se dit consternée par la mort de son trésorier Révocat Karemangingo. Mais à cette consternation s’ajoute une frayeur totale car le tueur est entré officiellement dans leur asile et tel un loup-garou, il rôde dans leurs alentours: Kagame est présent au Mozamique avec sa machine de mort, les forces spéciales.

C’est dans la soirée de ce lundi le 13 septembre 2021, que cet  ancien lieutenant de l’ancienne armée rwandaise (Les Forces Armées Rwandaises :FAR), Revocat Karemangingo, 54 ans, a été tué par balles au Mozambique où il s’était réfugié.

Révocat Karemangingo, qui était le trésorier de l’Association des réfugiés rwandais, se rendait chez lui, à Liberdade,  près de la capitale mozambicaine, Maputo, lorsque sa voiture a été prise d’assaut par deux véhicules qui ont bloque la voie, l’un devant l’autre derrière.

Ses agresseurs « ont tiré neuf coups de feu sur le véhicule. La victime a été immédiatement transportée à l’hôpital mais elle est décédée », a déclaré la porte-parole de la police mozambicaine, Carmina Leite, mardi. Une enquête a été ouverte mais la police ne tient pour l’instant aucune piste.  Revocat Karemangingo, qui avait monté un commerce de produits pharmaceutiques au Mozambique, était soupçonné de soutenir secrètement l’opposition au Rwanda.

Cet assassinat est survenu alors que Revocat Karemangingo, lui-même avait alerté la police mozambicaine sur un possible attentat contre lui en pointant du doigt le Rwanda. Cette alerte a des antécédents, car « Même en 2016, l’attentat contre lui a avorté. On avait planifie de le tuer chez lui, mais par chance il est rentré dans un autre véhicule, c’est ainsi qu’ils l’ont manque », dit Habiyaremye Cleophas.

Signalons que même si l’on dit que, Karemangingo n’était pas politicien les  réfugiés, ont tout le temps et partout constitué une frange radicale contre leur pays d’origine, car ils ont des griefs qui les poussent à quitter le pays. Et Karemangingo n’était pas un réfugié ordinaire, il fut militaire du régime évincé par le FPR-Inkotanyi. Les réfugiés sont toujours en contradiction avec la diaspora officielle ; cette dernière a la mission primordiale  de booster les relations publiques de leur pays et le pays hôte alors que les réfugiés ont souvent une aversion irascible contre leur pays d’origine. C’est dans cette atmosphère antagonique entre réfugiés et diaspora que Revocat Karemangingo a été traduit en justice mais acquitte pour l’affaire de l’assassinat de Louis Baziga qui était représentant de la diaspora rwandaise au Mozambique qui a été tué par balle à Maputo, en 2019. 

Mais la mort de Revocat Karemangingo est loin d’être une simple vendetta mais plutôt un plan préparé par Kigali pour déstabiliser les réfugiés Hutu qui sont toujours pris comme cibles par les discours haineux de Kigali. Sans le mâcher les mots James Kabarebe a publiquement appelé la jeunesse tutsie à se lever contre la jeunesse hutue réfugiés au Mozambique parce que, selon le venin de cet extrémiste sans égal, les Hutu de \Mozambique sont riches et leurs enfants reçoivent des bourses d’excellence. Avec l’envoi des forces spéciales pour la province de Cabo Delgado, on savait très bien que la deuxième mission mais officieuse était de déstabiliser la communauté les réfugiés hutus de cette zone australe de l’Afrique. Et ce n’est pas seulement le Mozambique qui est ciblé c’est toute la CAAD/SADC.

L’on sait bien que le gouvernement de Kigali persécute les réfugiés rwandais non seulement au Mozambique mais dans le monde entier. Signalons que toujours en Mozambique, le journaliste rwandais, Ntamuhanga Cyprien, est actuellement porté disparu alors qu’il serait arrête par la police mozambicaine. D’aucuns pensent qu’il serait déjà extradé vers Kigali mais que son extradition est tenue secrète pour ne pas entachée l’image du Mozambique.

Plusieurs opposants au régime du président Paul Kagame ont été assassinés ou cibles d’agressions ces dernières années, notamment en Afrique du Sud.  En février 2021 un responsable d’un parti d’opposition, Seif Bamporiki, 49 ans, a été tué par balles.

En 2014, l’ex-patron des renseignements et ancien proche de Kagame dont il était devenu un adversaire acharné, Patrick Karegeya, avait été retrouvé mort étranglé dans une chambre d’hôtel de Johannesburg.  Un autre exilé rwandais, l’ancien général Faustin Kayumba Nyamwasa, cofondateur du Congrès National Rwandais avec M. Karegeya, a quant à lui survécu à plusieurs tentatives d’assassinats.

Quoi qu’il en soit le Gouvernement de Mozambique a intérêt à protéger son image et ne pas enfreindre le droit international pour la protection des réfugiés. On dirait que le Gouvernement mozambicain ignore à quel point Kagame peut porter sa témérité. Si Filip Nyusi pouvait bien lire le Rapport Mapping, il serait ce dont l’assassin Paul Kagame est capable. A bon entendeur salut!

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